Accueil / Declic Photo Magazine / Déclic Photo Magazine numéro 48

Que retenir de cette salve de nouveaux modèles qui vient ponctuer le début de cette année 2009? Bien sûr, d’abord et avant tout, contrairement aux années précédentes, la très grande modestie des fabricants dans le registre des reflex. Dans la catégorie des reflex numériques «classiques», rien hormis Olympus et le très attrayant E-620. Un reflex «classique», qui vient évidemment trancher avec Panasonic, qui récidive dans sa gamme de ce que l’on appellera soit des bridges à objectifs interchangeables, soit des reflex à viseur électronique. Le G1 se retrouve en effet épaulé d’un GH1 qui reprend la quasi-totalité des caractéristiques et qui y ajoute un «oubli», la vidéo bien évidemment HD. On connaît l’histoire: à l’origine, le G1 intégrait un mode vidéo mais simplement SD (Standard Definition), qui aurait fait pâle figure face au Nikon D90 et surtout au Canon EOS 5D et sa vidéo Full HD annoncés quelques semaines auparavant. Les dirigeants de Panasonic ont préféré purement et simplement faire fi de la vidéo. Certaines fiches techniques originelles en notre possession en attestent.
Incontestablement, la grande surprise est venue de Samsung. Certes, on avait bien senti leur intérêt pour le format Micro 4/3 d’Olympus et Panasonic. Bien évidemment, on les voyait mal adopter cette technologie colancée par leur concurrent principal, en l’occurrence Panasonic. Pourtant, l’annonce de leur nouvelle gamme NX de bridge-reflex fait l’effet d’une bombe. Car reprenant l’intégralité du concept (boîtier avec objectifs interchangeables et viseur électronique), les ingénieurs de Samsung y ont adjoint un capteur de «grande» taille, format APS-C (16 x 24mm). À regarder de plus près la maquette du premier modèle, ils sont d’ailleurs parvenus à une compacité tout à fait étonnante, et même supérieure à celle des modèles Panasonic. À vrai dire, rien de très étonnant de voir Samsung suivre cette voie : il faut reconnaître que leurs reflex précédents n’ont absolument pas rencontré le succès escompté, à l’instar de Panasonic d’ailleurs. Certes, il s’agit d’une rupture, mais sans réelle conséquence. Samsung repart de zéro comme Panasonic. Dès lors se trahissent les stratégies de chaque marque reflex. D’un côté, Canon, Nikon, Sony, Sigma, qui demeurent dans la lignée historique de leurs gammes optiques (Minolta pour Sony). De l’autre, Panasonic et Samsung, qui optent délibérément pour des reflex plus compacts, plus féminins, plus portables. Entre ces deux camps qui se dessinent aujourd’hui et dont les frontières peuvent à loisir se recouvrir, restent Pentax et Olympus. Jusqu’alors, Pentax était allié à Samsung (ou plutôt l’inverse!), quid de l’avenir? Parions qu’il poursuivra l’aventure en solo avec sa gamme d’optiques actuelle et qu’il sera bien plus attiré par des reflex plein format. Olympus, c’est plus ambigu. Pour l’heure, le fabricant entend maintenir sa gamme de reflex au format 4/3, même si une déclaration récente d’un de ses dirigeants précisant qu’ils ne pousseront pas la course aux pixels laisse planer le doute sur l’avenir de cette gamme. On attend évidemment avec une vive impatience de voir débarquer leur futur compact à objectifs interchangeables, lequel repose sur le format Micro 4/3 (le même que les G de Panasonic). Voilà qui devrait encore un peu plus bouleverser la donne et rendre encore un peu plus mouvantes les frontières entre compact, bridge et reflex. Dans tous les cas, un élément commun: l’objectif, pourvu qu’il soit interchangeable. Après tout, ça nous va très bien.