Accueil / Actualités / Canon EOS 1100D : il est enfin là !


Canon remplace enfin son reflex « entrée de gamme » avec l’EOS 1100D, qui va tenter de s’opposer à l’excellent Nikon D3100.
Segment stratégique s’il en est, l’entrée de gamme reflex est depuis quelques mois dominée par le Nikon D3100, qui brille par des performances de très haut niveau : capteur 14 millions de pixels, vidéo full HD 1080p. Canon ne pouvait résister avec son vieillissant EOS 1000D, et annonce aujourd’hui l’EOS 1100D.
Nous attendions un ras de marée technologique, mais c’est en fait un reflex très sage qui s’annonce, puisque son Cmos (22,2 x 14,7 mm) n’affiche que 12 millions de pixels de résolution (4272 x 2048 pixels), et le mode vidéo s’en tient au format HD 720p (1280 x 720 pixels à 25 i/s). C’est la première fois depuis bien longtemps que Canon cède du terrain à son concurrent historique sur ces deux plans ! Plutôt curieux, puisque la marque disposait d’une bonne base de travail avec le capteur 15 millions de pixels de l’EOS 500D, et que la vidéo full HD est habituellement sa grande spécialité.
En cherchant bien, on trouve tout de même du vrai nouveau à l’intérieur du Canon EOS 1100D : son obturateur (30 s à 1/4000 s - rafale à 3 i/s). Il s’agit en fait d’un système d’obturation mixte (ou hybride comme c’est la mode), qui ne fait appel qu’à un seul rideau.
Habituellement, ce sont deux rideaux qui sont utilisés, l’un s’ouvrant pour lancer l’insolation du capteur, et le second se refermant plus ou moins tôt pour générer le temps de pose. On arrive ainsi à la découverte totale du capteur jusqu’à la limite de vitesse « synchro-X » (1/60 s à 1/300 s selon le boîtier), puis le second rideau « ferme la fenêtre » en fonction du temps de pose sélectionné. Pour les vitesses les plus brèves, l’exposition s’effectue par balayage, via une fente générée par le démarrage précoce du second rideau, juste derrière le premier.
Sur le Canon EOS 1100D, il n’y a qu’un seul rideau d’obturation, qui sert d’abord à protéger le capteur entre les prises de vues. En fait, le premier rideau est virtuel, puisque c’est le Cmos qui devient sensible progressivement, comme si on ouvrait un store sur une fenêtre. Quand c’est le moment, le « second » rideau d’obturation, réel cette fois, se déplace à son tour pour terminer l’obturation, générant au besoin une fente d’obturation avec le rideau virtuel du Cmos, comme un obturateur classique. Tout ça ne doit pas être facile à synchroniser !
L’intérêt de ce système inédit est de simplifier la mécanique de l’appareil. Cela pour abaisser les coûts, mais également pour diminuer le nombre de pièces en mouvement, donc d’améliorer la fiabilité de l’ensemble. Notez au passage que moins de pièces en mouvement, c’est aussi moins de production de poussières d’usure dans le boîtier ! Une recherche qui ne date pas d’hier, puisque dès 1976, Canon diminuait drastiquement le nombre de pièces en mouvement dans un reflex avec le fameux AE-1 !
Il est clair que la direction prise par Canon annonce de futurs reflex dépourvus d’obturateur mécanique, offrant une gestion purement informatique du temps de pose. Les ingénieurs savent le faire depuis longtemps sur les CCD, mais pour un Cmos, supprimer l’un des rideaux de l’obturateur est une première technologique !
Pour l’utilisateur, le système d’obturation n’apporte rien en terme de fonctions sur l’appareil. En revanche, on peut espérer un déclenchement un peu plus doux, puisqu’aucun rideau ne bouge avant le déclenchement, même si le miroir reflex est bien obligé de se relever. Ensuite, le rideau de fermeture entre en action en fin d’exposition, ce qui limite les masses en mouvement. L’autre atout est de minimiser le nombre de pièces susceptibles de produire des particules d’usure, donc de réduire les éventuels corps étrangers venant se coller à la surface du capteur. Dommage que Canon n’ait pas ressorti des archives le miroir fixe semi-transparent du vieil EOS RT, car les vibrations auraient été réduites à leur plus simple expression !
L’arrivée d’un tel système d’obturation augure, pour un jour ou l’autre, l’obturateur purement électronique. On peut donc non seulement rêver d’un déclenchement sans vibrations, mais aller plus loin en imaginant un système d’obturation purement informatique, qui pourrait faire varier le temps de pose en fonction des zones à photographier ! Ce serait la solution miracle aux problèmes de dynamique des capteurs, avec une exposition réellement multizone (autant de zones que de pixels), pouvant varier le temps de pose dans différentes parties de l’image. Peut-être pour la Photokina 2020 ?
S’il n’a rien de révolutionnaire en pratique, le Canon EOS 1100D fait évoluer de nombreux points par rapport à son prédécesseur.
Par rapport à l’EOS 1000D, le Canon EOS 1100D n’a plus rien de commun dans sa conception. Il ressemble plus à un EOS 600D, dont il adopte certains modules, comme l’autofocus ou le posemètre. C’est donc un boîtier parfaitement actualisé, même si le choix des résolutions photo et vidéo peut sembler dévalorisant.
Son capteur est donc un Cmos de 22,2 x 17,7 mm, dont la résolution est de 12 millions de pixels (4272 x 2848 pixels). Il est équipé d’un filtre passe bas dont la surface est traitée à la fluorine, avec de la protéger des rayures et de limiter la charge électrostatique susceptible d’attirer les poussières. Aucun système antipoussière est prévu, mais l’appareil cartographie celles-ci à la surface du capteur, ce qui permet de les effacer automatiquement lors du traitement dans la suite logicielle Canon fournie avec. Ceux qui passent directement dans Photoshop devront donc faire le ménage manuellement, ou nettoyer leur capteur avec un kit proposé dans le commerce. Espérons que le nouvel obturateur limite vraiment les émissions de particules d’usure !
En terme de production, ce capteur code les images Raw sur 14 bits, ce qui permet d’optimiser la dynamique des images, évitant notamment les « zonages » quand les tons sont particulièrement subtils. Le tout traité par le processeur Digic 4, qui doit travailler « tranquillou » avec les 12 millions de pixels du capteur ! Notez que la plage de sensibilités de l’EOS 1100D s’étend de 100 à 6400 ISO (par valeurs entières), on peut donc s’attendre à un rapport signal/bruit particulièrement favorable.
En matière de système autofocus à détection de phases, le Canon EOS 1100D adopte le module à 9 collimateurs vu sur nombre d’EOS actuels. Son collimateur central est de type croisé, et l’ensemble travaille sur une plage IL de 0 à 18 pour 100 ISO. On retrouve les configurations habituelles : « One Shot » (vue par vue), « AI Servo » (continu prédictif), « AI Focus » (choix automatique). Le choix des collimateurs est automatique ou manuel, et les collimateurs s’affichent sur le verre de visée, et sur l’écran ACL. L’éclairage d’assistance AF repose sur le système à train d’éclairs de flash.
Niveau posemètre, la mesure évaluative travaille sur 63 zones couplées avec les collimateurs AF. Quand le point est acquis, l’exposition est mémorisée du même coup en mode « One Shot ». On peut également travailler en mesure centrée (10 % du champ visé) ou en mesure centrale pondérée. La plage de couplage IL est de 1 à 20 pour 100 ISO. Compensation d’exposition (± 5 IL par 1/2 ou 1/3 de valeurs) ; bracketing automatique (± 2 IL par 1/2 ou 1/3 de valeurs) ; mémorisation d’exposition sont bien entendu au programme. Notez que l’EOS 1100D propose le mode ALO (Auto lighting optimizer), pour étendre la dynamique des photos, le mode « priorité aux hautes lumières », et la correction automatique du vignetage avec les optiques référencées dans sa base de données, comme les EOS pros !
En plus du mode automatique, la balance du blanc propose 7 préréglages, et un mode manuel, et permet le réglage fin sur 9 valeurs bleu/ambre et magenta/vert. Le bracketing (± 3 niveaux) sur la balance du blanc est également disponible en cas de doute.
Le flash intégré (NG 9,2 pour 100 ISO) fonctionne en mesure E-TTL II. L’appareil peut gérer les flashs de la gamme EX en mesure E-TTL II avec ou sans fil, mais le flash intégré de l’EOS 1100D n’en assure pas le pilotage. Il faut donc soit un flash maître de la gamme EX, soit un module IR ST-E2.
La visée reflex du Canon 1100D est directement inspirée de celle de son prédécesseur. Elle est basée sur un système à pentamiroirs, couvrant 95 % de l’image. Le grossissement est à x 0,80, soit sensiblement identique au précédent (x 0,81). En matière de correction oculaire, le réglage couvre la plage - 2 à + 0,5 ∂, et le verre de visée est bien entendu fixe sur un modèle entrée de gamme. Notez qu’un test de profondeur de champ est accessible via la fonction personnalisable C.Fn-8-5, ce qui est une bonne chose pour la macro, le portrait, ou tout simplement pour le paysage.
En visée « live view », l’écran ACL du boîtier est en diagonale 6,86 cm, pour une résolution de 230000 points. Sa couverture est d’environ 100 %, et on peut voir l’image sous un angle de 170° maximum. Le rétro éclairage se règle sur 7 niveaux. Une grille d’aide au cadrage et un histogramme peuvent être affichés à l’écran.
Notez qu’à l’instar de l’EOS 60D, l’EOS 1100D permet d’intégrer un « copyright » dans les « Exifs » des images, et d’effectuer une présélection des photos avec un classement de 1 à 5 étoiles, qu’on retrouve ensuite dans la suite logicielle Canon.
Le Canon EOS 1100D ne va pas déchainer les passions, ne serait-ce que par ses petites faiblesses par rapport au Nikon D3100. Cela dit, c’est un boîtier bien conçu (châssis acier/polycarbonate), peu gourmand (700 vues d’autonomie), qui repose sur un ensemble de modules qui ont prouvé leur efficacité. Bien placé niveau tarif, il pourrait décider bien des débutant à franchir le pas du reflex, surtout que Canon ne semble pas enclin à investir le terrain des appareils hybrides. Et l’on peut attendre le meilleur de cet appareil dans les hautes sensibilités, où le couple capteur 12 Mpix et processeur Digic 4 devrait faire merveille ! Vivement qu’on reçoive un modèle testable pour savoir ce qu’il a dans le ventre !
Prix : 449 euros (kit 18-55 mm).