Accueil / Actualités / Canon EOS 1D Mark IV : 102 400 ISO, va falloir s’habituer !


Moins d’une semaine après Nikon, c’est au tour de Canon de sortir de son chapeau un nouveau reflex pro, le Canon EOS 1D Mark IV ! Et bien entendu, la barrière des très hautes sensibilités est pulvérisée, avec une plage étendue comprise entre 50 et 102 400 ISO !
Alors que la toute récente annonce du Nikon D3s semblait confirmer le retour des « années Nikon », Canon bouscule la donne en présentant l’EOS 1D Mark IV ! Il vise également le segment des professionnels de la photo d’action, avec un boîtier largement revisité au niveau de ses performances. À commencer par le secteur des sensibilités extrêmes, puisqu’il propose une plage standard de 100 à 12 800 ISO, avec des extensions à 50 ISO (L), 25 600 ISO (H1), 51 200 ISO (H2), et 102 400 ISO (H3). Pourtant, le Cmos du Canon EOS 1D Mark IV reste un modèle en taille APS-H (18,6 x 27,9 mm), car les professionnels du sport et de l’action sont très attachés au coefficient multiplicateur de focale x 1,3. Il faut dire qu’avec un téléobjectif puissant, ce cadrage permet des gros plans encore plus serrés qu’avec un capteur 24 x 36. Canon conserve donc cette technologie porteuse, parfaitement adaptée à l’usage fait de ce reflex très spécialisé. Et puis la marque maîtrise tellement bien la correction du bruit électronique, qu’elle peut se permettre d’utiliser un capteur légèrement plus petit, tout en conservant des images irréprochables !
Encore plus de résolution
Le Cmos APS-H du Canon EOS 1D Mark IV a beau viser les cadences élevées, il monte tout de même en résolution. Ainsi, le « Mark IV » propose la résolution 16 millions de pixels (15,98 Mpix exactement, pour 4 896 x 3 264 photosites de 0,0057 mm de côté), qui autorise un usage plus universel de l’appareil. Grâce aux 8 canaux de transfert d’informations en sortie de capteur, la cadence maximale en rafale reste à 10 i/s sur 121 vues en Jpeg, ou sur 28 vues en Raw, avec carte CF type UDMA. Le double processeur Digic 4 y est évidemment pour beaucoup, puisque la gestion du flux d’image utilise la totalité du temps de calcul de l’un d’eux ! Et si les 16 millions de pixels font des fichiers trop gros, pour un transfert WiFi par exemple, et bien le Canon EOS 1D Mark IV propose maintenant trois formats Raw 14 bits : sRaw (2 448 x 1 532 pixels), mRaw (3 672 x 2 448 pixels) et Raw (4 896 x 3 264 pixels) ! De quoi optimiser la taille des fichiers en fonction des besoins, qui varient largement entre la presse magazine, la presse quotidienne ou l’illustration.
Ce capteur Cmos embarque le système antipoussière Canon, basé sur des trains d’ondes très haute fréquence pour détacher les impuretés de sa surface, une mécanique interne conçue pour produire peu de particules d’usure, et le nettoyage logiciel des fichiers Raw dans Digital Photo Professionnal.
Un autofocus entièrement revisité
Tous les pros connaissent les problèmes d’autofocus rencontrés par l’EOS 1D Mark III ! En fait, il s’agissait d’un décalage de mise au point, qui n’apparaissait que dans certaines rares configurations (forte chaleur + sujet très clair) et sur certains boîtiers, notamment américains. Or le « buzz » d’Internet en a fait une véritable psychose chez les possesseurs de ces appareils. Canon a bien fait un correctif de « firmware » (programme interne), mais une fois le ver dans le fruit, il est très difficile de faire taire la rumeur !
Sur le Canon EOS 1D Mark IV, l’autofocus est entièrement nouveau. S’il conserve la géométrie des 45 collimateurs répartis en « patatoïde » horizontale dans le viseur, les éléments sensibles sont complètement différents. Sur ces 45 collimateurs, 39 sont de type croisé, pour une meilleure détection des sujets géométriques. Ils sont par ailleurs répartis sur toute la plage autofocus, ne laissant aux collimateurs simples que les zones jouxtant le centre de la ligne horizontale, moins concernées par les sujets à risque.
Notez également qu’à l’instar de l’EOS 7D, les collimateurs du Canon EOS 1D Mark IV couvrent presque exactement celle des éléments photosensibles (la « tache » sensible était bien plus grande avant), ce qui augmente la précision du point, notamment à travers des branches ou dans la visière d’un casque de pilote. La plage de fonctionnement autofocus s’étend d’IL -1 à 18 pour 100 ISO, et celui-ci devrait se montrer encore plus performant en suivi des sujets en mouvement.
Canon adopte aussi la vidéo sur son nouveau reflex professionnel. Là, l’EOS 1D Mark IV prend une longueur d’avance, puisqu’il travaille en « full HD » 1080p !
La vidéo n’est plus seulement un gadget pour amateur en mal de séquences à mettre en ligne, mais bien un outil professionnel qui risque de changer nombre d’habitudes ! Témoin le Canon EOS 1D Mark IV, qui embarque la vidéo « full HD », en résolution 1 920 x 1 080 pixels, le tout à 24, 25, ou 30 i/s. La résolution HD 720p est également présente sur le Canon EOS 1D Mark IV, avec des cadences à 50 ou 60 i/s.
L’avance technologique de Canon sur le plan de la vidéo HD est donc pleinement consommée, ce qui risque de peser lourd pour la concurrence. En outre, Canon fait appel comme à son habitude au format Mov H264 pour le codage des séquences, moins encombrant sur les cartes mémoire que le MJpeg. Le Canon EOS 1D Mark IV a donc tous les avantages en la matière, notamment sur son nouveau concurrent direct, le Nikon D3s. Un peu dommage pour Nikon d’avoir négligé cette spécification, qui semble éveiller de plus en plus d’intérêt chez les professionnels, avides d’investir de nouveaux marchés !
Côté sonorisation des séquences, un classique micro mono est intégré au Canon EOS 1D Mark IV, mais une prise mini-jack stéréo est également prévue. Il est donc possible d’optimiser la prise de son en s’affranchissant des bruits de l’appareil et de l’objectif (manipulation, ronron du stabilisateur optique, butées d’autofocus).
Un vrai bon écran
Avec le Canon EOS 1D Mark IV, l’écran 7,62 cm de diagonale « Clearview II » passe en résolution 920 000 points (640 x 480 pixels), ce qui est indispensable pour une bonne lecture en vidéo. En outre, cet écran directement inspiré de celui de l’EOS 7D reprend la technologie antireflet à matériau optique « élastique », qui remplit le vide existant entre les couches composant la dalle. Il offre ainsi un meilleur rendement en extérieur, où l’écran ACL est le seul mode de visée disponible durant le tournage. 7 niveaux de luminosité sont proposés, et la lecture peut s’effectuer sous un angle de 160°.
La visée « live view » est utilisable également en prise de vues classiques, notamment en studio, où ce mode de visée évite de forcer sur le dos quand on photographie au ras de la table. L’autofocus fonctionne au choix en mode classique (le miroir redescend le temps de faire le point), ou en AF à mesure de contraste. Là, il est plutôt lent, mais reste pratique pour refaire le point quand on déplace le sujet en visée « live view ». Notez qu’un mode de détection des visages est disponible pour les prises de vues en visée « live view ».
Toujours aussi solide !
Le Canon EOS 1D Mark IV reprend la même base technologique de son prédécesseur, avec un splendide boîtier en alliage de magnésium. Celui-ci est équipé de 76 joints d’étanchéité, pour résister aux intempéries, à la poussière et aux embruns. Le soin porté à l’assemblage des diverses parties est irréprochable, et pour une ergonomie encore meilleure, notamment avec des gants, les boutons sont plus gros que sur l’EOS 1D Mark III. L’obturateur (30 s à 1/8 000 s, synchro-X 1/300 s avec flashs EX) est lui aussi du genre sérieux, puisqu’il est prévu pour effectuer 300 000 cycles de déclenchement.
Comme sur les anciens modèles, le viseur reflex couvre 100 % de l’image photographiée, avec un grossissement de x 0,76. Un dégagement oculaire de 20 mm assure une visée confortable aux porteurs de lunettes. Le verre de visée est interchangeable, avec 12 types différents au choix, proposés en option.
Clairement, le Canon EOS 1D Mark IV remet à niveau le reflex « action » de la gamme EOS professionnelle, qui n’a rien à envier à la concurrence.
Si l’EOS 1D Mark III commençait à se démoder sérieusement, l’arrivée du Canon EOS 1D Mark IV redonne un bon coup de jeune à la gamme. Voilà un boîtier paré de tous les arguments aptes à lui offrir le succès, et il devrait rassurer les pros qui commençaient à écouter le chant des sirènes Nikon ! Il faut dire qu’il était temps, car Nikon n’a pas chômé entre-temps, et beaucoup de pros ont craqué pour un D3/D3x depuis les problèmes d’AF de l’EOS 1D Mark III…
Avec le Canon EOS 1D Mark IV, le baromètre devrait revenir au « beau » chez Canon. Ce boîtier a toutes les qualités d’un appareil à succès, et il annonce en plus l’arrivée probable d’un « EOS 1Ds Mark IV » dans les prochains mois, soit au CES de Las Vegas, soit à la Photokina de Cologne. La proximité du CES (janvier) peut laisser espérer l’arrivée du « big boss » assez vite ! On peut déjà compter retrouver les évolutions du Canon EOS 1D Mark IV (autofocus, écran, double Digic IV, vidéo « full HD »), avec en prime un capteur 24 x 36 qui devrait remettre les pendules à l’heure. Et là, entre l’EOS 5D Mark II, l’EOS 1D Mark IV et l’EOS 1Ds Mark IV, le service pro de Canon ne devrait pas se reposer ! Ça tombe bien, il a de grandes ambitions !
Un service pro revisité
Pour faire bonne mesure avec l’arrivée du Canon EOS 1D Mark IV, le service pro de la marque est entièrement réactualisé. La grande bonne nouvelle, c’est que le SAV pro revient chez Canon France, et qu’il sera réservé uniquement aux pros ! Les utilisateurs pourront donc faire nettoyer leur capteur ou faire réparer leurs outils très rapidement, en allant tout simplement déposer leur matériel chez Canon.
Une nouvelle structure mobile est également remise à niveau, pour offrir aux pros une assistance plus performante sur les grandes manifestations sportives. Nous ne connaissons pas encore tous les services proposés, mais les responsables de la marque ont l’air gonflés à bloc pour répondre à toutes les demandes. Avec tout ça, la bonne humeur devrait être de mise chez les professionnels équipés en Canon !
Un reflex essentiel
Vous l’aurez compris, le Canon EOS 1D Mark IV est un modèle très important pour la marque, qui compte bien donner aux pros l’outil et les structures qu’ils demandent. Il faut dire que la concurrence est forte, bien organisée, et que pour les utilisateurs pros, les services rendus sont au moins aussi importants que la qualité des appareils et optiques ! Canon joue donc très gros sur ce coup-là, et se donne les moyens de faire la différence. Reste donc aux professionnels à juger sur pièce, du moins en laissant le temps à Canon de rôder sa nouvelle structure pro, entièrement pensée pour l’efficacité maximale. Et pour avoir vu l’équipe du service pro se préparer sur le salon de la photo, je peux vous dire qu’ils sont déjà à fond dans le projet !