Accueil / Actualités / Canon EOS 600D : petite évolution…


Et voilà le Canon EOS 600D que beaucoup attendaient. Ils pourraient bien rester sur leur faim, car le sigle « EOS 550D Mark II » aurait été plus judicieux !
À force de voir Canon chambouler la donne à chaque présentation, on s’habitue. C’est sans doute ça qui a fait notre déception à l’annonce de l’EOS 600D. Exit les rêves de pixels dépassant les 20 millions ; exit la mise au point vidéo réellement en continu ; et exit l’espoir de voir arriver le processeur « Digic 5 » et son cortège d’améliorations en matière de rendu d’image !
Le Canon EOS 600D se borne à intégrer l’écran ACL articulé du 60D, le pilotage des flashs EX via son flash intégré, les filtres « créatifs » genre « effet miniature », « appareil jouet », et « fish-eye », et l’option de marquage des vues en copyright et de notation des photos de 1 à 5 étoiles. Ce n’est pas rien diront certains à juste titre, mais il n’y avait pas de quoi passer de 550D à 600D. Un simple « 550D Mark II » aurait largement suffit ! En outre, ces modifications coupent l’herbe sous le pied à l’EOS 60D, qui perd ses principaux atouts sur le 550D. Désormais, on repassera de l’EOS 600D à l’EOS 7D en direct, n’ayant aucun intérêt à choisir le 60D, trop proche du 600D, et trop cher vu les faibles différences. Curieux positionnement marketing !
Ne nous y trompons pas, le Canon EOS 600D ne fait pas la révolution, mais il reste un sacré reflex, en reprenant notamment tout ce qui a fait le succès du 550D ! Avec son écran désormais articulé (7,62 cm de diagonale en format 3/2, 1040000 points), il gagne en ergonomie et simplifie bien des cadrages « acrobatiques ». En outre, il devient possible de protéger l’écran, en le repliant contre le dos du boîtier, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’appareil est porté nonchalamment au bout de sa sangle. Avec lui, les tournages vidéo sont bien plus aisés, et l’on s’affranchit de la lumière solaire sans grosses difficultés. Vous pouvez également jouer à l’autoportrait seul ou en groupe, en voyant de loin si « tout le monde est bien dans le cadre ».
Niveau capteur, eh bien on ne change pas une équipe qui gagne, puisque c’est le Cmos 18 millions de pixels du 550D (5184 x 3456 pixels) qui équipe l’EOS 600D. Il est strictement identique à celui de sont prédécesseur, avec antipoussière par train d’ondes haute fréquence, processeur de traitement d’image Digic 4, et fonction vidéo full HD 1080p (1920 x 1080 pixels à 24, 25 ou 30 i/s). Sa plage de sensibilités s’étend toujours de 100 à 6400 ISO, avec extension à 12800 ISO.
Idem pour ce qui est de l’autofocus à 9 collimateurs, dont le central en croix, et la mesure d’exposition évaluative sur 63 zones (couplées avec l’autofocus), qui ne changent pas non plus. Là encore, l’EOS 600D n’est qu’un 550D, et ne fera pas de meilleures photos. Seule la possibilité de piloter sans fils les flash EX, via le flash intégré (NG 13 pour 100 ISO) de l’EOS 600D, est un apport notable à la créativité. Il autorise notamment le pilotage d’un flash séparé pour la macro, ou celui d’un ensemble de cobras pour créer un mini studio.
En matière de visée reflex, la couverture est de 95 %, le grossissement est à x 0,85, le système est à pentamiroirs, et le dégagement oculaire de 19 mm. Et un test de profondeur de champ est prévu pour la macro, le portrait ou le paysage.
Pour les possesseurs d’EOS 550D, il n’y a pas grand intérêt à passer à l’EOS 600D, sauf si vous pratiquez régulièrement le flash sans fil. Là, le fait de ne plus avoir à utiliser le module de pilotage ST-E2 peut devenir un atout, quoique l’éclair du flash intégré peut vous gêner dans de nombreux cas. Pour ce qui est de l’écran articulé, c’est surtout un avantage pour les vidéastes, puisque la visée reflex est largement préférable en photo. Et dans ce cas, il est a priori plus intéressant d’acheter un petit moniteur ACL spécial vidéo (genre Sony CLM-V55), qui sera plus grand, mieux équipé, et plus spécialisé.
En revanche, l’achat direct du Canon EOS 600D est une très bonne affaire quand on ne possède pas déjà un EOS 550D, puisqu’il ouvre l’accès à une grande qualité d’image, et à une belle souplesse d’emploi. Reste que si Canon procède comme d’habitude, en conservant l’EOS 550D au catalogue, avec un prix plus serré, l’intérêt de l’EOS 600D devient à nouveau discutable. Tout dépend l’écart de prix entre les deux, mais il peut être largement préférable d’acheter moins cher un EOS 550D, qui ne se démarque de l’EOS 600D que par des détails comme l’écran articulé ou la commande de flash sans fil intégrée.
Quel que soit l’angle sous lequel on aborde la chose, il est clair que l’EOS 600D est fragile dans son positionnement. La moindre baisse de prix sur l’EOS 60D ou sur l’EOS 550D risque de mettre en péril sa position commerciale ! C’est tout le problème des modèles trop proches et de la multiplication des références. Avant, on avait une échelle de résolutions avec les EOS 450D/500D et 550D, mais désormais, tous les modèles sont en 18 Mpix. Espérons que Canon sortira l’EOS 550D du marché pour donner toutes ses chances à l’EOS 600D !
Prix : 799 euros.