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Canon EOS 60D : le reflex passion !

Canon EOS 60D : le reflex passion !

Pour combler le trou technologique entre l’EOS 550D et l’EOS 7D, Canon lance l’EOS 60D, qui s’annonce particulièrement bien adapté aux amateurs passionnés.

Denis Boyard [ 26 Août 2010 09:26 ]
Canon EOS 60D : le reflex passion !

« L’appareil de nos Lecteurs », telle est l’immédiate impression que nous avons ressentie lors de la présentation du Canon EOS 60D ! En effet, il se situe juste au-dessus de l’EOS 550D, qui offre toutes les fonctions d’un boîtier pour passionné, mais se montre un peu léger niveau fabrication. Et se place en « petit frère » de l’EOS 7D, plus orienté vers un usage professionnel, puisque directement dérivé de l’EOS 5D Mark II.

En clair, le Canon EOS 60D se positionne précisément dans le créneau des amateurs passionnés, qui veulent un boîtier performant, fabriqué avec sérieux, à prix relativement accessible. Celui-ci est convenable pour un boîtier de cette trempe, puisqu’il est fixé à 1 199 euros (boîtier nu). Il se situe donc entre les prix pratiqués sur les EOS 550D et EOS 7D, ce qui est tout à fait logique compte-tenu de ses performances annoncées et de sa finition, qui nous a semblé très réussie lors d’une prise en main express.

La fabrication du Canon EOS 60D fait appel à l'aluminium, au polycarbonate, et à la fibre de verre. Il dispose de joints d'étanchéité, mais également de modules jointifs qui ne laissent pas passer l'humidité ou la poussière.


Canon EOS 60D

Encore un nouveau capteur !

Si l’on se limite à sa résolution, le Cmos 18 millions de pixels (5 184 x 3 456 photosites) du Canon EOS 60D fait immédiatement penser à ceux des EOS 550D et EOS 7D (le même en version plus rapide). En fait, il n’a pas grand-chose à voir avec ses prédécesseurs, puisqu’il dispose de nouveau photosites entièrement repensés. En clair, Canon a réduit la taille des microcomposants qui occupent une partie du photosite, pour augmenter la surface réellement photosensible. Ainsi, chaque photodiode reçoit plus de photons. Par ailleurs, Canon utilise désormais un capteur plus épais, offrant des photosites plus profonds. Pas d’explication claire des responsables de la marque, qui se contentent d’affirmer que cela évite aux photosites adjacents de « baver » l’un sur l’autre, c’est-à-dire de voir la charge acquise « déborder » d’un photosite à l’autre. Il y a sûrement une autre astuce technologique derrière tout ça (habituellement, des photons se perdent quand le substrat est épais), mais on n’en saura pas plus pour le moment. En tout cas, Canon utilise cette technologie pour optimiser la sensibilité de chaque photosite, ce qui permet de réduire l’amplification du signal avant conversion A/N (analogique/numérique), donc de minimiser les parasites générateurs de bruit électronique.

La plage de sensibilités proposée par ce capteur Cmos est de 100 à 6 400 ISO, avec extension à 12 800 ISO si nécessaire. Connaissant le très bon comportement des Cmos Canon, nous sommes pressés de savoir de quoi est capable l’EOS 60D dans les hautes sensibilités, vu qu’il dispose d’un nouveau type de photosites !

Le nouveau capteur Cmos du Canon EOS 60D se compose de photosites plus profonds, et leurs composants électroniques laissent davantage de surface aux photons. Il est donc plus sensible et la pollution de charge entre les différentes photodiodes est minimisée.


Visée et visualisation

Un écran articulé !

Pour mieux adapter son EOS 60D à la vidéo (et répondre en passant au D5000 de Nikon), Canon l’a équipé d’un écran entièrement articulé. Il s’agit d’une dalle 3/2 de 7,62 cm de diagonale, offrant la résolution record de 1 040 000 points. Comme l’écran de l’EOS 7D, il intègre une couche interne antireflet, et reçoit en outre un traitement de surface protecteur à la fluorine, contre l’eau et les petites abrasions. Il faut dire que l’EOS 60D bénéficie aussi d’une protection contre les intempéries et la poussière. Elle est basée sur des joints d’étanchéité, et des carters en plastique qui s’enclipsent, avec beaucoup de précision les uns dans les autres, afin d’éviter toute intrusion d’humidité ou de poussière. Cette protection « tous temps » est un peu moins travaillée que celle de l’EOS 7D, mais annoncée par le fabricant comme efficace dans les conditions difficiles (pluie, neige, poussière). Reste que les différences de protection contre les intempéries des reflex Canon sont assez floues d’un modèle à l’autre, et qu’on apprécierait de les voir répondre, purement et simplement, aux normes actuellement en vigueur.

Côté viseur reflex, l’EOS 60D couvre 96 % de l’image photographiée. Il s’agit d’une visée par pentaprisme, offrant un grossissement confortable de x 0,95. Pour avoir eu l’occasion de viser avec, nous pouvons d’ores et déjà vous rassurer, car ce viseur est excellent : clair, contrasté, grand. Le dégagement oculaire (donne pour 22 mm) est par ailleurs très convenable, offrant la possibilité de voir le champ et l’afficheur sans écraser les lunettes. Le verre de visée d’origine est interchangeable (3 types). Notez que l’EOS 60D dispose de son testeur de profondeur de champ, très pratique en portrait ou en macro.

L'écran ACL de 7,62 cm de diagonale pour 1 040 000 points est au format 3/2. Il dispose du système antireflets de l'EOS 7D, et d'une articulation latérale qui permet de l'orienter dans tous les sens.



Spécifications

C’est du sérieux !


Plus proche de l’EOS 7D que de l’EOS 550D, le Canon EOS 60D est taillé pour produire de très bonnes images, avec un taux de réussite optimal.


Le module autofocus utilisé par le Canon EOS 60D se compose d’un capteur TTL-CT-SIR à 9 collimateurs, classiquement disposés en losange allongé. Mais cette fois, tous les collimateurs sont de type croisé, afin d’offrir une détection optimale des sujets géométriques, ou placés dans la pénombre. Leur plage de fonctionnement est de IL 0,5 à 18 pour 100 ISO, et les fonctions de micro-ajustement proposées sur les modèles pros ne sont ici pas implémentées.

La mise au point s’effectue en vue par vue (One-Shot), en continu (AI-Servo), ou en sélection automatique (AI-Focus). En mode AF continu, le mode prédictif peu suivre un sujet mobile (50 km/h) en approche frontale jusqu’à environ 8 m (300 mm f/2,8 L IS USM), ce qui est une belle performance.

Le module autofocus à 9 collimateurs disposés en losange allongé se compose désormais de collimateurs croisés, pour une meilleure détection des sujets géométriques sur tout le champ.


Exposition

Comme l’EOS 7D !

Niveau mesure d’exposition, le Canon EOS 60D bénéficie du module spécialement développé pour l’EOS 7D. Il s’agit d’un capteur iFCL à 63 zones, composé de deux couches superposées, permettant l’analyse en couleur des sujets. Il est couplé de IL 0 à 20 pour 100 ISO, et fonctionne avec l’autofocus pour déterminer la position du sujet principal. La mesure évaluative sur 63 zones peut également travailler en mesure centrée (6,5 % du verre de visée), spot (2,8 %), ou en mesure centrale pondérée, qui pondère l’analyse du ciel clair pour éviter la sous-exposition. Si vous désirez reprendre la main, le correcteur d’exposition offre une plage de ± 5 IL, par 1/2 ou 1/3 de valeurs, avec combinaison possible avec le bracketing (± 3 IL, par 1/2 ou 1/3 de valeurs). Notez que l’EOS 60D est équipé d’un obturateur performant, dont la plage s’étend de 30 s à 1/8 000 s + B, avec synchro-X au 1/250 s. Grâce aux 4 canaux de transfert du capteur Cmos et au Digic 4, la vitesse en rafale est de 5,3 i/s sur 58 vues en Jpeg et 16 vues en Raw. L’EOS 60D est donc moins rapide que l’EOS 7D, mais cette vitesse est largement suffisante pour la photo d’action.

En matière de balance du blanc, l’EOS 60D propose 7 préréglages en plus du mode auto : lumière du jour, ombragé, nuageux, lumière artificielle, fluo blanc, flash. Une mémoire est réservée à une mesure effectuée par vos soins, et l’on peut bien entendu régler la température de couleur en Kelvin. Les réglages fins sur les axes « bleu/ambre » et « magenta/vert » sont disponibles sur 9 valeurs afin de caler au plus juste le rendu de couleurs. Et en cas de doute, le bracketing sur la température de couleur permet d’encadrer la valeur mesurée sur ± 3 paliers.

Au flash, la mesure évaluative sur 63 zones est également sollicitée, avec possibilité de correction d’exposition sur ± 3 IL par 1/2 ou 1/3 de valeurs. Avec un NG de 13 pour 100 ISO, le flash intégré fonctionne en E-TTL 2, et permet le pilotage sans fil des flashs externes de la gamme EX. Bracketing et mémorisation d’éclair sont au programme avec les flashs compatibles.


Modes

Pour tous les goûts !

Destiné en priorité aux amateurs exigeants, mais ouvert aussi au grand public, le Canon EOS 60D dispose de tous les modes nécessaires à une large utilisation. Son sélecteur de modes est verrouillé par défaut, pour éviter les changements de modes intempestifs. Cela nous rappelle un certain EOS 5 argentique, qui disposait un sélecteur dans le même esprit : espérons que celui de l’EOS 60D sera plus solide, car l’ancien avait une fâcheuse tendance à casser son crantage. On y retrouve les modes classiques : programme Vert, P programme décalable, Av priorité ouverture, Tv priorité vitesse, M Manuel, C réglage personnalisable, flash coupé, vidéo. Auxquels s’ajoutent les modes « résultat » : portrait, paysage, macro, sport, portrait de nuit.

Bien entendu, les « styles d’images » sont de la partie, permettant d’affiner les réglages de votre appareil selon vos goûts et envies. Les préréglages sont : standard, portrait, paysage, neutre, fidèle et monochrome. Trois positions supplémentaires permettent d’effectuer vos propres paramétrages. L’EOS 60D propose par ailleurs les modes de gestion fine du traitement d’image : priorité aux hautes lumières, optimisation automatique de la lumière, réduction du bruit longue exposition, réduction du bruit dans les hautes sensibilités, correction auto du vignetage des objectifs, et traitement des fichiers Raw depuis l’appareil.

Notez qu’on peut désormais affecter une note de 0 à 5 étoiles aux photos prises, ce qui permet d’effectuer un « editing » sur le terrain. Une possibilité qui serait très utile sur un reflex pro, comme le futur EOS 1Ds Mark IV. Nous n’avons pas eu l’occasion de vérifier si cette notation est compatible avec celle des logiciels en dehors de « Digital Photo Professional ». Espérons qu’on retrouvera les petites étoiles dans Adobe Lightroom et Photoshop CS5, ce qui rendrait cette présélection très intéressante pour les photographes productifs. Il suffirait ainsi de noter rapidement les photos dignes d’intérêt jusqu’à 3 étoiles quand on n’a pas accès à un ordinateur, puis d’affiner la notation au retour jusqu’à 5 étoiles pour retrouver rapidement les meilleures photos.

L'ergonomie de l'EOS 60D est optimisée pour l'usage intensif, avec des poussoirs plus grands et le retour au principe "un bouton, une fonction". L'utilisation du boîtier est ainsi beaucoup plus intuitive.



Vidéo

Full HD 1080p


Comme ses congénères, le Canon EOS 60D tourne en résolution « full HD » 1080p (1 920 x 1 080 pixels). Les cadences proposées couvrent la plupart des besoins professionnels : 24, 25, et 30 vues par seconde, afin de coller aux standards en vigueur dans les différents formats. Les cadences 50 et 60 vues par seconde sont également disponibles en format HD 720p. Et pour les besoins spécifiques, le centre du capteur est utilisable pour tourner en 640 x 480 pixels, avec une focale multipliée par 7.

En vidéo, l’EOS 60D offre la possibilité de tourner entièrement en manuel (mise au point et exposition), ce qui est appréciable pour les professionnels. Par contre, l'amateur lambda est beaucoup moins gâté, puisque l'EOS 60D n'est toujours pas pourvu de la mise au point autofocus continue. Pas question donc de l'utiliser comme un caméscope ! Le micro intégré de l’EOS 60D est monophonique, mais une prise mini-jack 3,5 permet d’utiliser un micro stéréo externe, pour une qualité professionnelle. Notez que le port mini-HDMI du Canon EOS 60D est compatible avec la norme « HDMI-CEC », permettant la compatibilité avec tous les téléviseurs, et le contrôle via la télécommande du poste. Pour une autonomie confortable, le Canon EOS 60D intègre un port pour carte type SD/SDHC/SDXC. Sa batterie LP-E6 assure la prise de 1 100 photos en ambiance tempérée (23 °C), et 1 000 photos à 0°.

Le Canon EOS 60D dispose non seulement du classique trèfle de sélection, mais aussi de la molette arrière qui caractérise les modèles pros. Il se prête donc parfaitement aux habitudes des uns et des autres.


Canon EOS 60D

L’appareil de vos rêves ?

Il est clair qu’au vu de ses spécifications, on devine immédiatement que le Canon EOS 60D est une jolie bête à photographier ! Il reprend nombre des possibilités de l’EOS 7D, dans un boîtier moins cher, mais intelligemment conçu. Là où beaucoup d’amateurs hésitaient entre l’EOS 550D et l’EOS 7D, il y a désormais un boîtier qui intègre la plupart des avantages des uns et des autres, avec une ergonomie encore améliorée grâce à l’écran articulé et au viseur de très haute qualité. Si l’EOS 550D reste la coqueluche du grand public, il est clair que l’amateur exigeant, et pas mal d’experts, devraient trouver dans l’EOS 60D le boîtier idéal, qui réunit des performances « haut de gamme » dans un boîtier relativement abordable. Ce sera également un deuxième boîtier de choix pour le possesseur d’un EOS 7D, qui souhaite un modèle à la hauteur pour un peu moins cher. Une chose est sûre, le Canon EOS 60D a toutes les qualités que nous demandons à un reflex, et il mérite toute votre attention si vous envisagez de vous équiper prochainement !

Le grip BG-E9 permet de doubler l'autonomie de l'EOS 60D, et d'améliorer sa prise en main, notamment à la verticale.


Dimensions (L x H x P) : 144,5 x 105,8 x 78,6 mm. Poids : 755 g (avec batterie et carte).

Prix : 1199 euros (nu) ; 1299 euros (avec 18-55 mm) ; 1499 euros (avec 18-135 mm ou 17-85 mm au choix).

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