Vous êtes ici :

Accueil / Actualités / Canon EOS 7D : les experts sont gâtés !

 

Canon EOS 7D : les experts sont gâtés !

Déjà bien fournie en reflex dédiés aux amateurs passionnés et experts, la gamme Canon hérite de l’EOS 7D, qui pousse plus à fond le concept de reflex semi-pros.

Denis Boyard [ 01 Septembre 2009 06:03 ]
Canon EOS 7D

Alors que beaucoup de gens s’attendaient à un boîtier plein format à moins de 2000 euros, Canon lance un modèle à capteur x 1,6 résolument haut de gamme. Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que Nikon additionne les succès depuis le D200, le D300 et aujourd’hui le D300s, et que Canon voudrait bien phagocyter une partie de ces ventes à forte marge bénéficiaire. L’autre raison est que le Canon EOS 5D Mark II se vend très bien auprès des pros, et qu’il n’est pas question de lâcher un bastion aussi bien tenu ! Le rôle de « Nikon D300s killer », tenu jusqu’à présent par l’EOS 50D avec un succès relatif, est désormais plus en phase avec les spécifications du Canon EOS 7D. Il faut dire que l’EOS 50D bénéficie certes d’un très bon capteur, mais son boîtier dispose d’une étanchéité limitée (trappes de batterie et carte mémoire), d’un viseur encore perfectible en terme de confort, et d’un autofocus certes nerveux, mais parfois peu détectif en basse lumière sur les collimateurs périphériques. Tout cela s’explique aussi par le prix de vente de l’EOS 50D, assez serré pour ne pas autoriser les mêmes fantaisies que sur un Nikon D300s.


Les apports de l’EOS 7D

Canon a donc remis son ouvrage sur le métier, prenant cette fois en compte toutes les demandes des utilisateurs questionnés, qui sont tout de même plus de 5000 à travers le monde (dont 140 en France). La première demande touche à la visée reflex, portée sur l’EOS 7D à 100 %, avec un grossissement de x 1 unique sur ce segment, et un dégagement oculaire de 22 mm. Le verre de visée peut désormais afficher un quadrillage d’aide au cadrage (tiens ?). Une autre demande concerne l’étanchéité, cette fois comparable à celle du vénérable EOS 1n des années quatre-vingt-dix… on aurait préféré celle de l’EOS 1D Mark III, mais ce n’est pas encore d’actualité. Pour avoir vu un EOS 1n passer sous une cascade de montage et continuer joyeusement à exposer des diapositives (eh oui à cette époque), on est déjà rassuré par la protection offerte au Canon EOS 7D.


Évolution encore au niveau de l’autofocus, qui étrenne un module à 19 collimateurs, répartis en losange horizontal, dont chaque élément se compose de deux Cmos en croix. Cela pour gagner en détectivité et assurer un rendement identique sur toute la plage de mise au point. Sa plage de fonctionnement reste comprise entre IL 0,5 et 18 pour 100 ISO, mais quelques manipulations d’un prototype annoncent un beau gain de réactivité en termes de détection des sujets, même dans la pénombre. Notez qu’un sujet excentré détecté en cadrage horizontal peut être immédiatement retrouvé à la verticale si la fonction personnalisable ad-hoc est activée. Autre point positif, les éléments photosensibles correspondent davantage à la taille visualisée des collimateurs AF : il est ainsi plus facile de faire un point précis entre des branchages ou sur un sujet ponctuel intégré dans une zone un peu fouillis.

Pour faire bon poids bonne mesure, l’exposition est confiée à un capteur carré de 63 zones, couplé lui aussi avec le système autofocus. Ce capteur a la particularité d’être composé de deux couches superposées, permettant la décomposition de la lumière. Il tient ainsi compte de la couleur du sujet (rouges souvent sous-exposés avec une cellule normale), ce qui lui permet de travailler d’une manière assez proche de la mesure matricielle couleur d’un Nikon D300s par exemple. Ce système assure, bien entendu la mesure évaluative en lumière continue et au flash, et les analyses centrées (9,4 % du viseur), spot (2,3 %) ou centrale pondérée.


Toujours plus !

Même si le format de capteur x 1,6 est conservé (22,3 x 14,9 mm), Canon a réussi à augmenter encore la résolution proposée. Elle passe cette fois à 18 millions de pixels, pour des photosites carrés de 0,0043 mm (4,3 µm) ! Selon Canon, la taille de ces photosites n’est pas un problème pour la gestion du bruit électronique, et enfonce le clou en proposant en standard la plage 100-6400 ISO, avec extension à 12800 ISO pour les gourmands. Une plage de sensibilités automatiques entre 100 et 3200 ISO confirme, si c’est nécessaire, l’assurance de Canon en matière de performances dans les hautes sensibilités. Pour arriver à de telles limites, Canon a adopté des microlentilles totalement jointives, et à diminué la distance entre ces lentilles et la surface photosensible du photosite, pour optimiser la capture des photons.

Ce Cmos est doté de 8 canaux de transfert, qui autorisent des prises en vues en rafales particulièrement rapides. L’EOS 7D s’offre ainsi une cadence à 8 i/s en rafale, sans appel à un quelconque « booster » accessoire. Cette cadence permet des séquences de 126 vues en Jpeg sur carte CompactFlash UDMA, et de 15vues dans les mêmes conditions en format Raw 14 bits. Notez que le Canon EOS 7D donne accès à des formats « MRaw » (10 millions de pixels) et « SRaw » (4,5 millions de pixels) : appréciable pour les pros qui n’ont besoin que d’images en petit format ! Notez que l’obturateur de l’EOS 7D (30 s à 1/8000 s - Synchro-X 1/250 s) est extrêmement silencieux, et ne produit quasiment pas de vibrations au déclenchement (test rapide effectué sur un prototype). Plus amusant, ce bruit a été l’objet de nombreux tests chez Canon, et son rendu sonore est celui qui a rallié de plus de suffrages parmi les testeurs!


Vidéo : le « Full HD » au menu !

Complément naturel de l’EOS 5D Mark II, le Canon EOS 7D dispose de la vidéo « Full HD » et des cadences professionnelles.


En matière de vidéo, le Canon EOS 7D n’a rien à envier à l’EOS 5D Mark II. Il dispose de la résolution « Full HD » 1920 x 1080 pixels, mais ouvre l’accès aux cadences 24 i/s, 25 i/s (cadence télé), et 30 i/s. De quoi produire des séquences sans scintillement, de qualité professionnelle. Et pour les besoins en prises de vues au ralenti, l’EOS 7D dispose encore de la cadence 50 i/s, mais cette fois en résolution HD 1280 x 720 pixels. L’enregistrement des fichiers s’effectue au format « .mov » (H264), moins gourmand en espace mémoire que le Mjpeg utilisé par plusieurs concurrents. On notera qu’à l’instar de l’EOS 5D Mark II avec nouveau firmware (programme interne), l’exposition peut se gérer en manuel : une demande des professionnels de la vidéo, qui font le point et l’exposition en manuel.

Pour gérer toutes ces informations (cadence rapide en rafale et vidéo HD), l’EOS 7D est équipé de deux processeurs de traitement d’image « Digic 4 » ! C’est le reflex Canon le mieux équipé sur ce plan, ce qui lui donne une marge de manœuvre très importante en matière de traitement de fichiers.


Une fabrication très pro !

Niveau fabrication, le Canon EOS 7D gagne donc une étanchéité poussée à l’humidité et à la poussière, mais dispose également d’un châssis en alliage de magnésium impressionnant de qualité. En fait, il est très inspiré de celui de l’EOS 5D Mark II, ce qui explique la proximité des deux sigles (logiquement, on aurait attendu un EOS 70D pour un boîtier à capteur x 1,6). Le choix du sigle « 7D » souligne l’appartenance à la série professionnelle du boîtier, qui s’annonce comme plus performant que l’EOS 50D. En fait, Canon le positionne comme appareil complémentaire à l’EOS 5D Mark II, pour qui a besoin d’un petit capteur (photo de sport, d’animaux), offrant un cadrage plus serré que le format 24 x 36.

Bonne nouvelle pour les utilisateurs de terrain, la taille des poussoirs a été augmentée, afin de faciliter leur usage dans le feu de l’action. On remarque également l’arrivée d’une commande dédiée à la vidéo, avec un poussoir « marche/arrêt » et une commande concentrique pour activer la fonction. L’écran ACL de 7,62 cm de diagonale (920000 points) a été entièrement repensé, pour une meilleure lisibilité en lumière ambiante naturelle. Canon est peu bavard sur le sujet, mais un vide d’air a été remplacé entre deux couches par un matériau spécifique « optique élastique », qui améliore sérieusement le rendu de l’image au soleil. Une caractéristique indispensable en vidéo !


Pour qui le Canon EOS 7D ?

Indéniablement, le Canon EOS 7D a été conçu pour combler les amateurs experts, et faire de l’ombre au Nikon D300s ! Il semble particulièrement bien armé pour cela, car il est presque toujours un cran au-dessus de son rival, que ce soit en termes de résolution, de vidéo ou de technologie embarquée. Reste à savoir si les performances sont à la hauteur, mais il semblerait que l’équipe Canon soit tout à fait sereine à ce niveau. Nous avons donc hâte de tester l’EOS 7D pour voir si Canon a trouvé la solution miracle.

En tout cas, cette évolution dans le segment « expert » est une bonne nouvelle pour les passionnés, qui disposent là d’un reflex où rien n’est laissé au hasard. Tout, ou presque, a été revu, amélioré, recalculé, pour arriver à un boîtier irréprochable sur le terrain. Désormais, l’acheteur d’un reflex expert aura un vrai choix à effectuer entre Canon et Nikon, avec quelques atouts indéniables pour le Canon EOS 7D, ce qui était beaucoup moins évident avec l’EOS 50D, qui reste au catalogue d’ailleurs, mais se positionne plus vers le Nikon D90 et le Pentax K7 en terme de prix.

À 1999 euros (boîtier nu), le Canon EOS 7D s’intercale entre l’EOS 50D et l’EOS 5D Mark II. Mais il est plus près du 5D en matière de technologie, ce qui devrait lui valoir un francs succès auprès des pros, qui souhaitent un boîtier qui favorise les longues focales. Il ne lui manque qu’un zoom transstandard en qualité « Serie L » pour en faire un chouchou des pros utilisable partout.

Dimensions (L x h x p) : 148,2 x 110,7 x 73,5 mm. Poids : 820 g (nu).

Prix : 1799 euros nu ; 2199 euros avec 18-135 mm IS ; 2499 euros avec 15-85 mm IS USM.

Disponibilité : octobre.


S'identifier
Newsletter
Comparez critère par critère et découvrez instantanément l'appareil photo qu'il vous faut...