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Futur Sony α : révolution dans le miroir?

Sony vient de déposer un brevet particulièrement intéressant, qui laisse augurer un système autofocus particulièrement novateur.

Denis Boyard [ 15 Avril 2010 17:00 ]

Pour protéger leurs innovations, les fabricants japonais déposent leurs brevets quelque temps avant commercialisation de leurs produits innovants. La plupart du temps, ces brevets concernent des détails technologiques inexploitables, incompréhensibles tels quels, puisque trop pointus pour que l’on décrypte quoi que ce soit. Là, Sony a déposé le 25 février un schéma tout à fait explicite, qui concerne un système autofocus franchement novateur. À la base, ce système est largement inspiré du principe de visée Pellix, inventé par Canon en 1965, et exploité ensuite sur les EOS RT et EOS 1n RS. Nikon l’a également utilisé sur son F3 High Speed dans les années80. Il s’agissait d’un miroir fixe semi-transparent, qui remplaçait le miroir mobile des appareils reflex. Tout l’intérêt de cette spécification était de supprimer les vibrations au déclenchement, de ne plus avoir d’obscurcissement de la visée, et d’autoriser des cadences en rafale très rapides (10i/s pour l’EOS 1n RS par exemple).


Application à la photo numérique
Si Sony s’est inspiré de ce système, il ne l’utilise pas du tout pour la même chose. En effet, Sony installe un miroir semi-transparent pour une seule chose : conserver un autofocus à détection de phases en visée Live View, donc également en vidéo. Selon le schéma publié dans le brevet, on distingue clairement le renvoi de la lumière en direction d’un module qui ne peut être qu’autofocus, et, juste derrière, un classique viseur électronique assure la transmission de l’image visée par le capteur.

Sur les reflex Canon, le miroir semi-transparent envoyait 40% de la lumière vers le viseur, et 60% vers le film. On peut imaginer qu’il en est de même sur le projet Sony, même s’il est possible que le ratio soit légèrement différent. Cela implique que l’appareil devra probablement utiliser 160 à 200 ISO comme sensibilité de base pour avoir un équivalent 100 ISO, car on est aux alentours de 2/3 de diaphragme de perte. Ce n’est pas très gênant vu les possibilités des capteurs actuels, mais il est probable que le futur boîtier ne monte pas au-delà de 3200 ISO, au mieux 6400 ISO. En revanche, l’adoption d’un miroir fixe a plusieurs avantages, dont la protection quasi totale du capteur contre les poussières. En l’absence de mécanisme de remontée du miroir, les émissions de particules d’usure sont peu probables. En outre, on fait de sérieuses économies d’énergie, puisque le seul moteur sollicité concerne l’obturateur! Cerise sur le gâteau, la présence du miroir a de fortes chances de supprimer les réflexions internes, puisque les reflets du capteur sont masqués. Raison de plus pour avoir un contraste optimal, donc des photos plus nettes! Et, enfin, cela laisse espérer un mode rafale très rapide. En revanche, peut-on encore parler d’un reflex? Ou d’un bridge à objectifs interchangeables?


Technologie intéressante! Oui, mais pour quand?
Pour être clairs, nous ne voyons que des avantages à ce brevet Sony. Il permet de photographier plus net (moins de vibrations, moins de flare), de minimiser les poussières (plus d’entrée par la monture d’objectif), de viser et filmer en Live View avec un vrai autofocus, de moins consommer l’énergie de la batterie, et d’obtenir des rafales plus rapides! Inutile de dire que nous sommes pressés de voir un appareil équipé de cette application technologique révolutionnaire!

Seul souci, le seul dépôt d’un brevet n’augure aucunement que cette piste technologique est viable. Le principe est évidemment très séduisant sur le papier, qu’en est-il dans la réalité? Un dépôt de brevet ne signifie pas pour autant que ce concept va se réaliser. Il s’agit pour celui qui dépose un brevet de se garantir de toute velléité d’un concurrent de s’en inspirer librement. En revanche, on pense évidemment aux maquettes d’appareils présentées au récent salon PMA (lire Déclic Photo n°58). Le compact à optiques interchangeables est trop plat par rapport au schéma présenté par Sony, on peut donc oublier. Deux reflex ont également été présentés, avec une particularité intéressante: la vidéo AVCHD. La seule chose que l’on sache, c’est que le modèle le plus proéminent (situé à droite) correspond au successeur de l’a700. En toute logique, c’est plutôt dans l’autre boîtier, plus petit, que ce système pourrait prendre corps. Pure spéculation et, bien entendu, aucune confirmation de la part Sony.

Détails du schéma
On distingue clairement le renvoi de la lumière en direction d’un module qui ne peut être qu’autofocus, et juste derrière, un classique viseur électronique assure la transmission de l’image visée par le capteur.

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