Accueil / Actualités / Nikon D5000 : le reflex «adulescent» !


Avec le D5000, Nikon tente l’opération séduction auprès des jeunes et des moins jeunes, qui veulent à la fois la qualité reflex et la vidéo HD, sans avoir à se « prendre la tête » avec des fonctions trop spécialisées et qui font des images, des images, des images...
Avec le D5000, Nikon se fixe pour objectif une nouvelle clientèle,
qui a la particularité d’être assez sensible à l’objet « reflex », mais qui veut retrouver le mode de fonctionnement instinctif d’un compact ou d’un téléphone photo. Une étude menée sur les habitudes des « ados » a présidé au développement du Nikon D5000, et l’on peut imaginer une communication ciblée, sur la même clientèle qu’un iPod par exemple.
Nikon met donc en avant la facilité d’utilisation (visée « live view » et nombreux modes « scène »), le côté ludique du produit (écran articulé et haut parleur pour le son), la performance (capteur 12,3 millions de pixels), et l’indispensable vidéo HD. Une philosophie qui ressemble beaucoup à celle de l’Olympus E-620 (mode vidéo en plus), même si « l’ennemi juré » du Nikon D5000 reste d’abord et avant tout le Canon EOS 500D, pourtant un peu plus performant bien qu’un peu plus cher.
Un petit air de D90
S’il conserve une silhouette proche de celle du D60, beaucoup d’éléments qui composent le Nikon D5000 sont proches de ceux du D90. Ce boîtier n’est donc pas révolutionnaire, mais le gros changement tient essentiellement à l’écran ACL orientable et aux modes « scène », qui poussent à faire un large usage de la visée « live view ». C’est donc un produit purement marketing, qui pioche ça et là dans la gamme Nikon des éléments susceptibles de séduire une clientèle jeune, ayant fait ses débuts avec un téléphone capable de prendre des photos et d’enregistrer des séquences vidéo.
L’idée n’est pas nouvelle, mais la qualité des reflex Nikon est un avantage certain pour plaire à un public plus large que la cible principale ! Si la visée reflex est conservée, on est ici très proche dans la démarche des « reflex » à visée électronique, ce qui démontre que Nikon surveille de près les nouveautés Panasonic et Samsung !
Do you speak « D’Jeun » ?
Reste que « parler » aux jeunes est un mode de communication particulier, maîtrisé par quelques firmes comme Apple, Canon ou Sony, qui ont une « puissance de feu » très importante. Nikon va devoir faire beaucoup de bruit pour se faire connaître par nos « ados », qui sont très attachés aux objets valorisants. Eh oui, leur côté « porteur de signes » est facile à détecter, mais entrer dans leur cercle reste très difficile pour une marque habituée à mettre en avant les performances. Nikon va donc devoir se forger une image de « référence » différente que celle qu’elle travaille depuis des décennies, ce qui est loin d’être évident. Surtout qu’il ne faut pas dévaloriser son côté « expert », essentiel pour Nikon, qui fait des scores de ventes impressionnants sur sa cible historique.
Appuyé sur le succès des D60 et D90, Nikon tente donc d’élargir son public avec le D5000, en « chassant » sur des terres habituellement tenues par Canon. Nikon entre donc « dans l’aire de jeux », ce qui pourrait bien lancer une bataille de communication sans précédent entre les deux marques. L’ère du « iReflex » serait-elle commencée ?
Techniquement, le Nikon D5000 fait la part belle à la facilité d’utilisation. Pour ça, la visée « live view » imbrique photo et vidéo, dans un concept d’utilisation extrêmement proche de celui des compacts de la gamme « Coolpix ».
Quand on prend en main le Nikon D5000, la première chose qu’on remarque est son écran !
Il est articulé sur la semelle du boîtier, ce qui est une première : bonne idée, car l’utilisateur n’est pas tenté de tenir l’appareil par l’écran, ce qui propice au bougé et empêche une prise en mains ferme. Cet écran peut tourner dans tous les sens (autoportrait y compris), pour une visée dans toutes les positions. La dalle ACL mesure 6,86 cm de diagonale, pour une résolution de 230 000 points. Logique, car un écran plus grand aurait augmenté l’encombrement du boîtier. Nikon a donc supprimé le petit plastique de protection de l’écran, puisque celui-ci peut se retourner contre le boîtier quand il est au repos.
Priorité au « live view »
La visée « live view » propose plusieurs affichages des données de prise de vues : informations complètes, informations masquées, quadrillage (plus infos complètes), imagette + infos détaillées. L’utilisateur choisit donc son environnement de travail selon ses habitudes.
L’autofocus par mesure de contraste peut s’effectuer sur toute la surface de l’image, soit en mode « plage large » (priorité à la rapidité), doit en mode « plage normale », qui couvre la même zone, mais travaille la finesse du point pour la macro et les gros plans. Un mode « détection des visages » est prévu, pouvant détecter 5 visages différents.
Notez que cet autofocus par mesure de contraste est capable de suivre un sujet en déplacement : il mémorise le visage de la personne lors de la première mise au point, et la suit en comparant sans cesse le premier plan et l’arrière-plan. Le système se remet à jour en mémorisant à nouveau la personne de temps à autre (toutes les 4 mesures) pour intégrer l’éventuel changement de taille du personnage dans le cadre. Encore plus fort, le sujet peut sortir brièvement du cadre et y revenir : le système le « reconnaît » en se basant sur le contenu de la dernière mise au point (luminosité et couleurs), et reprend son suivi. Beau développement logiciel !
La détection des visages est également mise à profit par la mesure d’exposition et la balance du blanc. Là encore, l’ensemble de la plage image est traitée, en donnant la priorité au sujet suivi par le système autofocus. De quoi obtenir de bonnes images quasiment à coup sûr ! En outre, le mode « D-Lighting » automatique est toujours disponible pour gérer les situations délicates, comme un contre-jour par exemple. Il est aussi paramétrable en manuel, avec des réglages étagés : faible, normal, élevé, très élevé.
Un peu de retouche ?
Toujours dans le cadre de l’amélioration d’images, Nikon propose un ensemble de menus dédiés à la retouche très intéressant pour la clientèle jeune. À commencer par le mode « flou » artistique, qui a la particularité de reconnaître les visages et d’adopter un « floutage » plus léger, juste suffisant pour gommer les imperfections de l’épiderme. L’appareil peut également réduire une image à des contours noir et blanc, utilisable pour des enfants pour les coloriages. Plus intéressant, le filtre « perspective », capable de redresser un immeuble pris en contre plongée par exemple ! L’image est assez largement recadrée, mais le sujet divisé en blocs est redressé via une macro qui fait appel aux transformations affines. Impressionnant sur les exemples confiés par Nikon ! Le menu recadrage offre pour sa part davantage de formats : 1/1 (photo carrée), 3/2, 4/3, 5/4, 16/9e. Notez que tous ces filtres n’affectent pas l’image de base, puisqu’elle est dupliquée par l’appareil avant traitement.
Comme le D90, le Nikon D5000 corrige de lui-même la distorsion des optiques Nikon répertoriées dans sa base de données (modèles récents, avec microprocesseur bien entendu).
À l’instar du D90, le Nikon D5000 adopte la vidéo au format HD 720. Ce mode s’inspire pleinement de celui du D90, allant jusqu’à utiliser le format d’enregistrement « MJpeg », que nous n’apprécions guère du fait de la taille des fichiers qu’il génère.
Le mode vidéo « DMovie » du Nikon D5000 offre une résolution de 1 280 x 720 pixels, à la cadence de 24 images/s.
Ce n’est donc pas du « full HD » (1 980 x 1 080) contrairement au Canon EOS 500D. Alors, certes, la clientèle visée est jeune, donc plus encline à charger les séquences sur « YouTube » ou « Facebook » que sur l’écran plat familial. La durée maximale d’une séquence en 1 280 x 720 pixels est de 5 minutes, ce qui est plus que suffisant pour faire un « plan séquence » pas trop agaçant. De quoi habituer les vidéastes à faire des courtes séquences, et à les monter après « dérushage » dans un logiciel adapté. À l’instar du Nikon D90 et du Canon ESO 500D, le mode vidéo est sonore, mais uniquement monophonique et notera malheureusement l’absence de prise pour micro externe. En revanche, un haut-parleur intégré permet de revoir les séquences avec un son, certes imparfait, mais un son ! Pour des séquences plus longues, Nikon propose une durée maximale de 20 minutes pour des résolutions 640 x 424 pixels et 320 x 216 pixels. Mais les plus gros reproches tiennent essentiellement dans l’absence de système autofocus avec le mode vidéo et au poids disproportionné dse fichiers vidéos générés avec le format MJPeg. Autant dire que le mode vidéo du D5000 se limite à des situations de dépannage. Si vous recherchez un reflex qui fasse de la bonne vidéo, mieux vaudra vous orienter soit vers le Canon EOS 500D ou mieux encore le Canon EOS 5D Mark II.
Des modes scène à profusion
En vidéo comme en photo, le Nikon D5000 dispose d’un nombre inhabituel de modes « scène ». Il y a les 6 du D60, les 5 des compacts Coolpix, et 8 nouveaux modes créés pour l’occasion : portrait, paysage, enfants, sport, gros plan, portrait de nuit, paysage de nuit, fête, plage/neige, coucher de soleil, crépuscule, animaux domestiques, bougie, floraison, couleurs d’automne, aliments, silhouette, high-key (photo à dominante très claire), low-key (la même chose en version sombre). De quoi autoriser des prises de vues sans souci pour de purs débutants, surtout que la plupart des modes sont agrémentés d’une photo exemple !
Pour les techniciens un peu plus chevronnés, les modes « picture control » permettent de gérer le rendu de couleurs. Leur utilisation est facilitée par l’affichage des différentes modifications sur une vue exemple. Nikon a fait de gros efforts à destination des débutants !
De grandes possibilités
Rassurez-vous, le Nikon D5000 est aussi un reflex qu’on peut utiliser de manière classique ! Dans cette configuration, il ressemble beaucoup à un D90. À commencer par son capteur Cmos format DX (23,6 x 15,7 mm), de 12,3 millions de pixels, qui produit des fichiers codés sur 12 bits en Raw (8 bits en Jpeg). Chaque photosite mesure 0,00549 mm (5,49 µm) de côté, ce qui assure un bon comportement dans les hautes sensibilités. D’ailleurs, la plage disponible s’étend de 200 à 3 200 ISO, avec extensions « Lo-1 » à 100 ISO, et « Hi-1 » à 6 400 ISO.
Notez que Nikon a mis dans le D5000 son système antipoussière par trains d’ondes haute fréquence, mais a ajouté « l’aspirateur » à poussières du D60 basé sur l’effet venturi (accélération naturelle d’un courant d’air passant par un orifice de diamètre réduit). L’addition des deux systèmes doit être efficace !
En visée reflex, l’autofocus repose sur le module MultiCAM 1000 à 11 zones, initié sur le D200 et repris sur le D90. Il est sensible, détectif et très rapide. Le suivi des sujets en mouvement est assuré par l’analyse 3D. La mesure d’exposition reprend aussi le posemètre à mesure matricielle 3D II couleur des D60 et D90, également affecté à la gestion de la balance du blanc. Système utilisé pour le flash, avec gestion des flashs distants en mesure iTTL sans fils.
Petit ajout complémentaire, le Nikon D5000 dispose d’un mode « discret », qui ralentit la motorisation de commande du miroir pour un déclic moins bruyant. Sachant ce système très apprécié sur certains reflex pro, c’est une bonne idée, notamment pour la photo animalière.
Notre opinion
Ce Nikon D5000 n’est certes pas révolutionnaire, mais son concept est cohérent et bien assumé par la marque. Nous l’avons trouvé très plaisant à manipuler, et son écran se montre extrêmement agréable à lire dans toutes les positions. Si le mode vidéo est bien présent, il souffre de graves lacunes : absence d'autofocus (alors même que la clientèle visée ne veut certainement pas "se prendre la tête" avec la mise au point), absence de son stéréo (il faut se contenter d'un pauvre son mono comme sur le Canon EOS 500D), poids des fichiers bien trop élevé... Malgré tout, voilà un reflex qui devrait compter pour nombre de jeunes photographes. Au passage, beaucoup de ses fonctions pourraient bien en faire l’appareil quasi idéal pour la balade ou les voyages (avec l’AF-S 18-200 mm VR), et ce pour des photographes jeunes depuis beaucoup plus longtemps que d’autres ! Après tout, le principal est de se faire plaisir, non ?
Les tarifs dans le détail
Nikon D5000 nu : 729 euros
Nikon D5000 + 18-55 mm : 779 euros
Nikon D5000 + 18-55 mm VR : 829 euros
Nikon D5000 + 18-55 mm VR + 55-200 mm VR : 1029 euros
Nikon D5000 + 18-105 mm VR : 929 euros
Plus d'infos sur le site de Nikon France
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