Accueil / Actualités / Nikon D5100 : petit D7000 ou gros D3100 ?


Capteur de D7000, composants de D3100, le Nikon D5100 tente le grand écart pour s’opposer au Canon EOS 600D…
Le rouleau compresseur Canon EOS 600D étant sur les rails, Nikon annonce son D5100 pour lui couper l’herbe sous le pied. Pour ce faire, Nikon prend d’un côté le capteur Cmos 16 millions de pixels du D7000, et la plupart des composants du D3100, le tout relevé par un écran entièrement articulé de 7,62 cm de diagonale pour 921000 points. Assez curieusement, cet écran est articulé sur le côté du boîtier, comme un Canon, alors que l’articulation par la semelle du D5000 était tellement pratique. Certes, elle interdisait l’autoportrait, mais qui le pratique vraiment avec un reflex ? Désormais, on perd donc l’avantage de la tenue franche du boîtier à deux mains, au bénéfice d’une tenue par la bordure d’écran, ni stable, ni ferme. Curieux retour en arrière, alors que la fixation par la semelle était défendue comme un atout à la sortie du D5000 ! Elle s’explique sans doute par l’abandon du châssis du D5000, pour un modèle dérivé de celui du D3100.
Depuis les catastrophes qui ont sévèrement touché le Japon, la disponibilité des produits redevient un point critique. A priori, le Nikon D5100 a fait l’objet d’une première production, qui devrait permettre de le voir sur les comptoirs le 21 avril, date originelle de lancement. Mais qu’en sera-t-il ensuite ? Nous l’ignorons pour le moment. Espérons simplement que Nikon n’a pas lancé le produit juste pour freiner le démarrage du Canon EOS 600D, sans avoir d’exemplaires en quantité suffisante dans sa manche ! Certes, ce type d’appareil est assemblé dans le Sud-Est asiatique, mais à l’évidence, de nombreux composants sont fabriqués au Japon, notamment en ce qui concerne le capteur Sony. Nikon France semble confiant, on peut donc espérer voir l’appareil en quantité sur les comptoirs pour les mois qui viennent.
Alors que le D5000 était original, à une période où la vidéo HD était encore rare sur les reflex, le Nikon D5100 est désormais un boîtier dans la tendance. On le verra donc moins comme un reflex pour « geek » (passionné d’innovation tous azimuts), mais comme un boîtier bien équipé, qui peut combler la plupart des besoins. En cela, il entre en concurrence directe avec le Canon EOS 600D. C’est donc un boîtier essentiel pour Nikon, puisqu’il occupe désormais le créneau du D90, qui termine sa carrière au gré des promotions. Ce ne sera donc pas très facile de passer derrière une telle vedette, car le D90 avait une aura semi-pro assez marquée. Il faut dire que son châssis rappelait celui des produits haut de gamme, alors que cette tâche est aujourd’hui confiée au D7000, désormais positionné un peu plus haut en prix.
Le Nikon D5100 met à la portée de l’amateur l’excellent capteur Cmos du D7000 !
À l’évidence, le point fort du Nikon D5100 est la présence du capteur Cmos DX (15,6 x 23,6 mm) 16 millions de pixels, hérité du D7000.
Avec lui, le Nikon D5100 produit des photos en résolution 4928 x 3264 pixels, autorisant des agrandissements confortables (environ 41,45 x 62,59 cm en 200 ppp, sans interpolation). Sur le D7000, ce Cmos est très performant à tous points de vue, notamment dans les hautes sensibilités où il brille particulièrement (100 à 6400 ISO + extensions jusqu’à 25600 ISO). On peut donc espérer des performances de très haut niveau du Nikon D5100, ce qui aura tôt fait de lui donner ses lettres de noblesse !
Cette puce autorise par ailleurs le tournage de séquences vidéo en résolution « full HD 1080p » (1920 x 1080 pixels) à 24/25/30 i/s, en format H264/Mpeg4. De quoi remplir un écran de grande taille avec une qualité d’image de très haut niveau. Il faut cependant savoir que dans l’état actuel des choses, les reflex ne peuvent être comparés à des caméscopes, car leur capteur chauffe vite (20 min dans le cas du D5100), y compris durant la visée, et l’autofocus est trop lent pour suivre les sujets. En fait il faut travailler comme un pro : faire le point en manuel, tourner la séquence sur trépied, et bien penser à couper la visée écran entre chaque séquence, sinon on arrive vite à la surchauffe. Elle se traduit par une surexposition progressive de l’image, et là il vaut mieux éteindre l’appareil. Pas question, donc, de filmer l’intégralité du spectacle de fin d’année du petit dernier !Notez que ce Cmos dispose d’un double système antipoussière, l’un par train d’ondes haute fréquence et l’autre par contrôle des masses d’air interne du boîtier, basé sur l’effet venturi.
En marge du D5100, Nikon commercialise un micro « ME-1 » externe dédié à la vidéo.
Il se monte dans la griffe porte accessoires et se branche sur la prise jack 3,5” qui équipe les D5100 ou D7000. C’est un micro stéréo qui capte les fréquences de 70 à 16000 Hz, et dispose d’une bonnette coupe-vent en mousse et d’un filtre de coupure passe haut à commande manuelle. Ce micro est alimenté par l’appareil .Un micro externe améliore les prises de son en diminuant les bruits de manipulations du boîtier, mais il n’enlève pas les bruits les plus importants. Étant monté dans la griffe pour flash externe, celui-ci est toujours en prise directe avec le boîtier, donc soumis aux bruits et vibrations de l’appareil.
Il sera donc plus efficace de monter ce micro à part, sur un petit trépied (via un support pour flash cobra), dans la limite de longueur du fil qui n’est pas très importante (on doit pouvoir utiliser une petite rallonge). Vous gagnerez ainsi en qualité, évitant les principales sources de bruits parasites (autofocus, craquements du plastique, manipulations du boîtier).
Les modules d’analyse du Nikon D5100 sont des modèles éprouvés sur plusieurs appareils.
Ainsi, on retrouve l’autofocus Multi-Cam 1000 à 11 collimateurs, dont 1 en croix pour une meilleure détection des sujets géométriques. Sa plage de détection s’étend de IL - 1 à + 19, et il dispose des modes AF-S (vue par vue), AF-C (continu) et AF-A (continu en vidéo). Il a déjà équipé de très nombreux reflex Nikon, dont le D200, le D90 et tout récemment le D3100. Idem pour le module de mesure d’exposition, qui est le classique système à mesure matricielle 3D II couleur à 420 zones qui équipe déjà le D3100. C’est un posemètre généralement efficace, qui fonctionne également en mesure centrale pondérée et spot (2,5 % du cadre). Cette mesure est couplée avec le collimateur autofocus utilisé, afin de faire la lumière sur le sujet privilégié.En visée via l’écran ACL, l’autofocus et la mesure d’exposition s’effectuent directement sur l’image. L’autofocus sera nécessairement lent, mais si sa précision est au niveau des D3100 et D7000, il devrait être irréprochable. L’exposition se fait toujours selon les algorithmes de la mesure matricielle 3D II couleur, même si c’est le capteur imageur qui sert de base de mesure.
Grâce à l’écran entièrement articulé, la visée est grandement facilitée en vidéo ou en photo à l’extérieur, même si on n’y voit pas aussi bien que dans un vrai viseur électronique. Mais les amateurs de qualité disposent heureusement de la visée reflex par pentamiroirs (couverture 95 %), avec un grossissement de x 0,78, qui ressemble beaucoup à celle du D3100.
Les caractéristiques du Nikon D5100 en font un bon reflex amateur, avec des performances sans doute très ambitieuses.
Même s’il intègre de nombreux éléments du D3100, le Nikon D5100 ne manque pas d’atouts pour séduire les amateurs éclairés. Son capteur 16 millions de pixels sera nécessairement à la hauteur, et l’ensemble devrait produire des photos d’une grande qualité. Pour beaucoup, le Nikon D5100 pourrait donc prendre la place du D7000 dans les projets d’achats, pour la bonne raison qu’il est nettement moins cher et parfaitement adapté à un usage non intensif. Il ne faut cependant pas oublier quelques limitations liées à sa parenté évidente avec le D3100 : il est dépourvu de moteur AF interne (mise au point manuelle avec les objectifs autres que les AF-S et AF-i), et n’offre aucune mesure d’exposition avec les optiques dépourvues de puces interne. Il faudra donc l’utiliser avec des optiques à moteur « AF-S ou AF-i » pour ne pas avoir de mauvaise surprises. Ce qui n’est pas un réel handicap pour les utilisateurs non experts, car la gamme Nikkor AF-S est aujourd’hui bien pourvue !Le Nikon D5100 est donc un reflex « grand public », dopé par un écran et un capteur de gamme supérieure. En cela, il correspond parfaitement à la demande d’utilisateur qui ne souhaitent pas casser leur tirelire pour un reflex semi pro, mais conserver de la marge pour monter en gamme sur les optiques. Ce qui est judicieux, car un Nikon D5100 équipé d’un bon zoom (16-85 mm VR par exemple) a un potentiel plus important qu’un D7000 avec 18-55 mm de base. Il a donc toutes ses chances de trouver le succès auprès de ceux qui trouvaient le D3100 un peu juste, et le D7000 trop cher, ce qui lui ouvre une belle clientèle !La gamme Nikon gagne donc en cohérence avec ce boîtier, et retrouve une dynamique qui lui manquait quand elle stagnait à 12 millions de pixels et vidéo HD720. Ça va chauffer sur les présentoirs !