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Olympus E-620 : judicieuse évolution!

Après l’E-30, c’est au tour de l’Olympus E-620 d’intégrer le capteur Panasonic Live Mos 4/3 de 12 millions de pixels. Son prix beaucoup plus réaliste devrait lui donner plus de chances de trouver le succès auprès des amateurs.

Denis Boyard [ 17 Mars 2009 12:30 ]
Olympus E-620

Quand on n’a pas le choix du capteur, il faut avoir des idées! C’est le problème récurrent d’Olympus, qui ne dispose actuellement que du Live Mos Panasonic 12millions de pixels pour équiper ses nouveautés. C’est ainsi que nous voyons arriver en quelques semaines un appareil clairement surévalué (l’Olympus E-30 à 1199 euros), et un autre dont les possibilités et le capteur correspondent parfaitement au tarif proposé (699 euros). L’un et l’autre embarquent le même capteur (qui est aussi celui du Panasonic Lumix G1), et partagent d’ailleurs nombre de fonctions communes. À l’évidence, l’Olympus E-620 va tuer dans l’œuf les espoirs de l’E-30, dont les atouts ne sont pas assez nombreux, ni assez décisifs, pour faire pencher la balance en sa faveur!

 

L’Olympus E-620 est donc a priori bien né, puisqu’il marque une évolution notable par rapport au E-520. Son Live Mos 4/3 mesure 17,3 x 13mm, pour une résolution image de 12,2 millions de pixels (4032 x 3024 photosites), soit des photosites de 0,00429 mm (4,29µm) de côté. Ce capteur propose une plage de sensibilités manuelle, comprise entre 100 et 3200 ISO, avec un mode Auto 200-3200 ISO, personnalisable en 200-800 ISO par défaut. Un réglage fort judicieux vu la sensibilité au bruit électronique des petits photosites (référence au test tout récent de l’Olympus E-30).

 

Du vrai nouveau

Bien entendu, ce capteur est équipé de l’excellent filtre antipoussière SSWF, qui permet d’éviter efficacement les dépôts de saletés à sa surface. Celui-ci procède par émission d’un train d’ondes très haute fréquence sur un filtre circulaire, qui détachent les poussières déposées à sa surface. Elles sont ensuite récupérées par un adhésif situé sous le capteur.

 

Évolution notable par rapport au E-520, la présence d’un nouveau module autofocus à 7collimateurs, dont 5composés de deux éléments croisés, devrait assurer à l’Olympus E-620 des performances à la hauteur. Il faut dire que l’ancien module à 3collimateurs commençait à dater, même si la marque faisait régulièrement évoluer sa réactivité. Bonne nouvelle, la sensibilité en basse lumière du nouveau module démarre à - 2 IL: l’appareil devrait se montrer très efficace en matière de détection. Avec de telles spécifications, on peut attendre de belles performances de la part de l’E-620, qui devraient être assez similaires à celles des modèles haut de gamme.

 

Autre amélioration par rapport au E-520, l’Olympus E-620 adopte l’écran entièrement articulé de l’E-30. Mobilité oblige, son diamètre est de 6,86cm, ce qui est tout à fait acceptable dans cette gamme de prix. Idem pour la résolution (230000 pixels), convenable sur l’E-620 à 699euros, alors qu’elle était trop juste pour l’E-30, dont la plupart des concurrents sont en 920000 pixels. Pour mémoire, l’écran articulé est le meilleur moyen de pleinement bénéficier des atouts de la visée Live View, qui consistent essentiellement à pouvoir photographier sous des angles inhabituels (ras du sol ou à bout de bras). Notez que la visée Live View autorise 5formats différents: 4/3, 3/2, 3/4, 16/9 et 6/6 (format carré). Pour limiter les tremblements en visée Live View, l’Olympus E-620 est équipé du stabilisateur intégré par déplacements du capteur. Celui-ci est annoncé pour un gain de 4vitesses sur l’arrivée du flou de bougé, et l’analyse des tremblements s’effectue via un gyrocapteur.

 

 

Le système 4/3 à son apogée

Avec son Live Mos Panasonic de 12 millions de pixels, l’Olympus E-620 bénéficie de la taille réduite de ce capteur tout en conservant une résolution optimale. Aller plus haut en résolution serait sans doute peu raisonnable, car on arrive ici à un seuil en matière de taille de photosites. Au-delà, le bruit électronique affectera les hautes sensibilités de manière gênante et la diffraction limitera les performances à des ouvertures usuelles comme f/8 et f/11.

L’héritier
L’Olympus E-620 est le dernier avatar d’une longue lignée. C’est donc un reflex parfaitement abouti, qui ne laisse aucune place à l’approximation. Ses principaux atouts sont la compacité, un système antipoussière exceptionnel et une gamme optique de très haut niveau.

 

Encombrement
La taille réduite de l’Olympus E-620 est un peu contrariée par l’écran orientable en tous sens. En revanche, ce système permet l’utilisation optimale de la visée Live View, dans presque toutes les positions.

 

Le meilleur reflex de la gamme?

L’Olympus E-620 est particulièrement bien placé niveau prix et offre des performances très proches de l’E-30. Il y a donc toutes les chance que le petit E-620 «ne fasse qu’une bouchée» de son grand frère, en se vendant bien plus aisément aux amateurs passionnés. Il a pour ça la plupart des atouts des produits Olympus, avec l’avantage d’une compacité qui laisse loin derrière l’E-30 et une philosophie beaucoup plus grand public.

Écran ACL
L’écran de l’Olympus E-620 est en diagonale 6,86cm pour une résolution de 230000 pixels. Cette résolution est trop juste pour un confort optimal: on aurait préféré une dalle 460000 pixels, comme celle du Panasonic Lumix GH1.

Visée Live View
Grâce à l’écran orientable en tous sens, la visée Live View est beaucoup plus agréable à utiliser. On peut notamment faire des autoportraits ou prendre des sujets au ras du sol ou appareil appuyé contre le ventre, comme au temps des Rolleiflex!

 

Des modes créatifs repris de l’Olympus E-30

L’Olympus E-620 reprend les modes créatifs apparus sur l’E-30, qui sont d’ailleurs mieux adaptés au modèle grand public.

 

Autant les nouveaux modes créatifs «filtres photo artistiques» semblaient déplacés sur l’E-30, visant plutôt les experts, autant ils trouvent logiquement leur place sur l’Olympus E-620! En effet, un reflex grand public s’adresse bien souvent à des débutants, qui seront charmés de pouvoir obtenir des photos originales très facilement. Certes, la plupart de ces effets peuvent être obtenus aisément sur un logiciel comme Photoshop, mais en l’occurrence, les acheteurs de l’E-620 n’auront pas tous ce logiciel à disposition, et pour certains, pas envie de passer par l’étape «posttraitement». On trouve donc 6effets proposés dans les menus de l’E-620: Pop Art (couleurs saturées), Soft Focus (flou artistique), Ton neutre et lumineux (photo désaturée), Tonalité lumineuse (image douce et claire), Film granuleux (effet de grain comme sur un film argentique poussé au développement) et Sténopé (fort vignetage et flou, comme sur les vues prises sans objectif à la «camera obscura»). En fait, leur principal défaut touche leur intérêt limité dans le temps, qui va très vite lasser l’amateur assidu. En revanche, le photographe occasionnel sera satisfait de jouer au «spécialiste» des effets spéciaux de temps à autre.

 

Notez que l’Olympus E-620 dispose en visée Live View d’un système dédié à la surimpression. On peut ainsi afficher une photo déjà prise en surimpression avec l’image de la visée pour doser l’effet, puis prendre la photo telle qu’elle apparaît à l’écran. Ce système permet des effets spéciaux, mais aussi de mettre en surimpression deux photos exposées différemment (trépied obligatoire), afin de retrouver du détail dans les hautes lumières par exemple. L’Olympus E-620 dispose par ailleurs d’algorithmes d’amélioration des photos, capables d’éclaircir les ombres trop denses.


Un vrai système flash
Au flash, l’Olympus E-620 est capable de piloter des flashs distants sans fil, à l’aide des éclairs de son flash intégré. Il peut gérer jusqu’à 3groupes de flashs (ratios de puissance paramétrables) sur 4canaux pour travailler à plusieurs sans se gêner. Ce système est compatible avec les flashs Olympus FL-36R et FL-50R, notamment pour monter un ministudio. Mais attention, l’addition est salée si vous utilisez plusieurs flashs!

 

Comme vous pouvez le constater, l’Olympus E-620 offre une belle palette de possibilités à l’amateur. On peut l’utiliser comme un compact (visée Live View à détection des visages), ou comme n’importe quel reflex avec succès (nouvel autofocus hautes performances). C’est donc un appareil très intéressant pour l’amateur, en tout cas bien plus que l’E-30, avec lequel il fait bien souvent jeu égal sur le plan des possibilités. En fait, sa seule vraie limite pour l’amateur expert tient à la taille des photosites du capteur Live Mos, trop limitée pour un rendement correct dans les hautes sensibilités. Nous attendons de pouvoir tester un appareil de série pour vous en dire davantage, mais le test tout récent de l’E-30 est un indice a priori évident sur les possibilités de l’E-620 en basse lumière. En tout cas, comme reflex grand public, l’Olympus E-620 semble avoir toutes ses chances pour séduire. C’est tout le mal qu’on lui souhaite!

Stabilisateur
L’Olympus E-620 dispose d’un stabilisateur intégré par déplacements du capteur. Il offre un gain de 4vitesses sur l’arrivée du flou de bougé, ce qui est très convenable en pratique. En outre, 100% des optiques de la gamme (et même des gammes compatibles) sont stabilisées de fait.

 

Notre opinion : Limité dans les hautes sensibilités par la taille des photosites de son capteur, l’Olympus E-620 n’en reste pas moins un reflex attachant. Il est très compact, dispose de tout ce qu’il faut pour réaliser des photos de qualité, et son équipement est très complet. Vu son rapport qualité/prix, on le préfère largement à l’Olympus E-30 vendu beaucoup plus cher.

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