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Prise en main complète !

Sony a33 et a55 : reflex ou bridge camera ?

Pour arriver à un autofocus rapide et continu en vidéo, Sony a développé deux appareils à mi-chemin entre le reflex et le bridge camera ! Révolution?

Denis Boyard [ 24 Août 2010 13:54 ]
Sony a33 et a55 : reflex ou bridge camera ?

Bien qu’ils soient un peu moins hauts que les autres reflex de la gamme « a », les Sony a33 et a55 gardent un aspect assez conventionnel. Pourtant, à bien y regarder, on s’aperçoit très vite qu’ils sont plus longs, et dotés d’un oculaire étonnamment allongé. La raison de ces différences ? Nous sommes en présence de deux appareils hybrides, qui prennent à la fois à la technologie reflex et à celle des classiques bridges cameras.

Le profil allongé des Sony a33 et a55 les rend très agréables à utiliser. Le viseur électronique est particulièrement fin, et permet de faire le point en manuel sans difficulté, notamment sur les longues focales.

Tout le concept des Sony a33 et a55 vient d’une constatation : impossible de conserver un autofocus par détection de phases sur un reflex en vidéo ! Les ingénieurs Sony ont donc retourné le problème dans tous les sens, sont allés voir leurs collègues du département « bridge camera », ont partagé sur le sujet, et en sont arrivés à une conclusion : il faut repenser le reflex ! Jusqu’à présent, un reflex l’était grâce à son miroir, chargé de réfléchir l’image « vue » par l’objectif sur un verre dépoli, rendu lisible par un pentaprisme et un oculaire. Or pour bénéficier d’un autofocus continu, la remontée du miroir durant le déclenchement était un problème majeur. Sony a donc supprimé le problème en optant pour un viseur électronique, comme sur un bridge camera.

Mais l’astuce de la chose est de conserver un miroir fixe semi-transparent, affecté cette fois à l’autofocus, et non à la visée. Ainsi, ce grand miroir redirige une partie de la lumière (33 %) vers le capteur autofocus à détection de phase, qui dispose de 15 collimateurs. Le reste du pinceau lumineux (66 %) passe à travers le miroir pour insoler le capteur imageur et produire une photo ou une vidéo. Grâce à ce stratagème ingénieux, inspiré des miroirs semi-transparent des Canon Pellix, EOS RT et EOS 1n RS, les Sony a33 et a55 conservent un autofocus ultra-performant, sans jamais occulter la lumière arrivant au capteur imageur. Un peu compliqué, mais efficace ! Au passage, les cadences en rafales sont sérieusement dopées, avec 7 i/s pour le a33, et 10 i/s pour le a55 : de quoi combler les amateurs d’action !

Dans ce schéma, on devine la fonction du miroir semi-transparent, qui envoie 33 % de la lumière vers le module autofocus à détection de phases, et 66 % vers le capteurs imageur. On perd un peu en luminosité et en efficacité autofocus dans les basses lumières, mais la possibilité d'un autofocus efficace en continu lors des tournages vidéo vaut bien ça !


Visée électronique

Du lourd !

Remplacer la visée reflex par un viseur électronique, c’est un pari difficile à tenir. Mais Sony voulait s’approcher vraiment d’une vraie visée reflex, ce qui a poussé les ingénieurs à utiliser un viseur électronique de très haut niveau. Il s’agit d’un écran de 1,2 x 1,1 cm, offrant une résolution de 1 440 000 points. La couverture est de 100 % et le grossissement de x 1,10, avec correcteur dioptrique ± 4 ∂. Venant tout juste de recevoir un boîtier de test, j’en ai profité pour regarder dans le viseur de quoi il retourne. En matière de finesse de visée, c’est vraiment pas mal : on ne distingue pas les pixels, même après réglage fin du correcteur dioptrique. Par contre, l’image est assez contrastée, ce qui la rend assez inesthétique quand la lumière est très dure (soleil matinal sur feuilles brillantes), ce qui n’est heureusement pas la norme. En revanche, on remarque aisément le moindre décalage de mise au point, ce qui est une première sur un viseur électronique. On peut même faire le point en manuel avec une très bonne précision sur les longues focales, et un peu moins en grand-angle. Là, un scintillement apparaît à l’écran, qui peut devenir une gêne lors de la mise au point en manuel.

L'écran 921 600 points offre une diagonale de 7,62 cm. Sa configuration panoramique permet d'afficher des informations de part et d'autre de l'image de visée, ce qui est très pratique pour dégager la photo des affichages parasites.

Rendons à César ce qui lui appartient : les Sony a33 et a55 s’adressent avant tout au grand public, souhaitant un appareil innovant et une qualité d’image digne d’un reflex. Ce n’est donc pas le genre de client qui fait le point en manuel sur un viseur électronique, ce qui modère notre propos sur ce plan. En revanche, la présence d’un système de contrôle de l’horizontalité de l’appareil (en latéral et en profondeur) s’avère très pratique en bord de mer, et permet de réaliser des panoramiques sans déformations. Sachant que ces appareils disposent du mode « panoramique en rafale » issu du Sony NEX-5, c’est une très bonne chose !




Sony a33 et a55

Sérieusement équipés !


Les Sony a33 et a55 innovent, mais intègrent également tout ce qu’on peut attendre d’un reflex millésime 2010 !


Sony ne s’est pas contentée de dénicher une idée originale, puisque les a33 et a55 sont aussi très bien pourvus d’une manière générale. Ainsi, l’écran ACL des boîtiers est entièrement articulé, façon Nikon D5000, c’est-à-dire avec une fixation par le pied de l’écran. De fait, on tient mieux le boîtier que lorsque l’articulation est latérale, comme sur le Canon EOS 60D. C’est une dalle de 7,62 cm de diagonale, en résolution 921 600 points. Elle couvre bien entendu 100 % de l’image photographiée, avec une luminosité automatique sur 2 niveaux. Cet écran assure bien entendu la visée en continu, qui passe automatiquement au viseur électronique quand on porte l’œil à l’oculaire (système Eye-start). Notez que la visée électronique est plus gourmande en énergie que l’écran ACL, puisque Sony annonce environ 270 vues d’autonomie en visée électronique, et 340 vues en visée écran. Attention donc au système « Eye-start », qui a la vilaine manie de commuter l’image sur le viseur dès que l’appareil est porté sur le ventre !

Notez qu’on peut paramétrer séparément les affichages disponibles sur l’écran ACL et dans le viseur électronique : très pratique ! Personnellement, j’aime bien la version « contrôle de l’horizontalité » sur le viseur électronique (recherche de précision), et l’affichage classique sur l’écran, plutôt dédié aux prises de vues « à la va-vite ».

L'écran articulé des a33 et a55 est fixé par le bas, comme pour le Nikon D5000. Ce système présente l'avantage d'autoriser la tenue du boîtier à deux mains, sans être gêné par un éventuel écran sur le côté.


Autofocus

15 collimateurs !

Le module à détection de phases dédié à l’autofocus des Sony a33 et a55 est tout nouveau. Il se compose de 15 collimateurs (dont 3 en croix), répartis en trois groupes verticaux (4/7/4). Leur plage de fonctionnement est particulièrement étendue dans les basses lumières, puisqu’elle s’étend d’IL -1 à 18 pour 100 ISO. Des valeurs habituellement professionnelles. L’autofocus fonctionne au choix en plage large, en sélection manuelle ou sur le collimateur central si nécessaire. Il est utilisable en vue par vue ou en continu avec suivi du sujet. Un mode automatique permet de laisser l’appareil choisir entre les deux possibilités.

La présence du miroir semi-transparent se paie tout de même en matière de sensibilité, puisque malgré sa plage étendue, l’autofocus du Sony a33 rencontre tout de même quelques difficultés de détection des sujets peu contrasté en basse lumière. Il faut dire que le miroir ne renvoie que 33 % de la lumière vers les capteurs AF, ce qui limite leur efficacité. On ne peut pas tout avoir !

Le stabilisateur interne des Sony a33 et a55 fonctionne par déplacements du capteur imageur. Avantage de la visée électronique, elle est stabilisée du même coup, alors que sur un vrai reflex, c'est impossible dans cette configuration.


Exposition

1 200 zones au menu

Sony a intégré aux a33 et a55 un posemètre par capteur 1 200 zones. Il est bien connu « de nos services », puisqu’il équipait également les reflex à visée « live view » par petit capteur spécifique. Le miroir étant alors relevé, c’était ce posemètre à 1 200 zones qui effectuait l’analyse. C’est une très bonne nouvelle pour les futurs possesseurs de Sony a33 et a55, car ce posemètre était bien souvent mieux calé que le classique module « nids d’abeilles ». Il faut dire qu’il s’agit d’un capteur couleur, capable de tenir compte du rendu du sujet pour adapter l’exposition en conséquence, un peu comme celui des Nikon ou des Canon EOS 7D/60D. Bien entendu, il dispose du système DR-O (plage dynamique optimisée), qui améliore les photos fortement contrastées par traitement logiciel (technologie Iridix). Ce traitement est gérable en automatique, mais également en manuel sur 5 paliers.

Comme toujours assez épais chez Sony (écran articulé en plus), le boîtier est en revanche très bas. D'un point de vue ergonomique, il tient parfaitement en main et se montre très agréable à manipuler.

Cette mesure est paramétrable en multizone, en mesure centrale pondérée, et en spot. Mémorisation d’exposition, compensation (± 2 IL par 1/3 de valeur), et bracketing sur 3 vues (par paliers de 1/3 ou 2/3 d’IL) sont implémentés. La plage de sensibilités utilisable est de 100 à 12 800 ISO, avec possibilité de monter à 25 800 ISO en « multi-frame ». En clair et sans décodeur, les Sony a33 et a55 disposent d’un mode « ISO Auto » supplémentaire, dédié à cette technique, qui travaille par prises de vues multiples (jusqu’à 6 images) pour réaliser une vue haute sensibilité. Ces vues sont prises à des sensibilités différentes, et le processeur Bionz de l’appareil recrée une vue de meilleure qualité à partir de ces 6 photos. Une technique empruntée à nos amis astronome




Sony a33 et a55

Deux capteurs au choix !


La principale différence entre les Sony a33 et a55, c’est la résolution de leur capteur !


Si Sony propose d’un coup les a33 et a55, c’est pour offrir aux amateurs deux résolutions de très haut niveau. Au cœur du Sony a33, on retrouve le capteur Exmor HD du NEX-5, soit un Cmos de 14 millions de pixels (4 592 x 3 056 photosites) extrêmement performant. Mais la marque pousse la balle encore plus loin avec le a55, qui dispose du tout nouvel Exmor HD de 16 millions de pixels (4 912 x 3 264 photosites), qu’on ne devrait pas manquer de retrouver sous d’autres couleurs. Grâce à ce capteur, Sony dispose enfin d’un outil pour concurrencer les Cmos Canon 18 millions de pixels. Et le plus intéressant, c’est que la plage de sensibilités du Sony a55 reste la même que celle du a33, ce qui en dit long sur la maîtrise acquise par la marque pour le traitement du bruit électronique : les photosites de l’Exmor HD 16 millions de pixels mesurent 0,0048 mm de côté !

Le miroir des Sony a33 et a55 est fixe, avec juste la possibilité de le soulever pour nettoyer le filtre passe-bas. Il est semi-transparent, afin de renvoyer une partie de la lumière vers les capteurs autofocus, et l'autre partie sur le capteur imageur. Une technologie qui permet de conserver un autofocus à détection de phases durant les tournages de séquences vidéo.

Comme d’habitude, ces capteurs sont stabilisés par déplacements en abscisse et ordonnée. Le gain est d’environ 4 vitesses sur l’irruption du flou de bougé. Avantage de la visée électronique, l’utilisateur bénéficie enfin de la stabilisation de la visée, impossible sur un reflex à capteur stabilisé. Grâce à ce système, toutes les optiques en montre Sony a ou Minolta AF sont stabilisées de fait. Notez que le dépoussiérage du capteur s’effectue par mouvement de celui-ci, mais que ce système habituellement peu efficace, n’est qu’une sécurité supplémentaire, puisque le capteur est caché derrière le miroir fixe semi-transparent. Cela dit, ce miroir peut tout de même être relevé pour un éventuel nettoyage manuel.


Vidéo

Full HD ou rien !

Maintenant que Sony dispose du bon capteur et de la technologie du miroir semi-transparent, la vidéo devient un cheval de bataille de la marque. Témoins les Sony a33 et a55, tous deux pourvus de la vidéo au standard full-HD 1080i, c’est-à-dire entrelacé. Celle-ci est enregistrée en format AVCHD Lite, ce qui garantit un faible encombrement des séquences, et une qualité d’image optimisée. Reste que ce format nécessite un ordinateur récent et puissant pour être lu sans problème. Les fans de vidéo sont souvent bien équipés, car la masse d’informations à traiter est énorme.

Les Sony a33 et a55 tournent les séquences à la cadence 29,9 i/s en 1080i, et à 25 i/s en HD MP4 (1 440 x 1 080 pixels) et en VGA (640 x 480 pixels). Le son enregistré par les boîtiers est en mono, mais une prise mini-jack 3,5 pour micro externe permet le tournage stéréo en Dolby Digital (AC-3).

Avec des optiques lumineuses et les hautes sensibilités disponibles, les Sony a33 et a55 sont très efficaces dans les zones faiblement éclairées. Ici, le couple Sony a55 + 50 mm f/1,8 SAM est particulièrement intéressant pour le portrait en lumière naturelle.


Concept innovant

Un pari d’avenir !

Avec les a33 et a55, Sony lance un nouveau concept chargé de tenter le grand public curieux de la technologie reflex, mais hésitant à se lancer. Avec son compact à grand capteur et monture interchangeable « NEX-5 », la marque propose donc deux types d’appareils hybrides à ces clients, ayant chacun des atouts incontestables. Compact reflex ou reflex compact ? Reste à savoir comment vont réagir les acheteurs !

Pour le moment, les Sony a33 et a55 ont le mérite de l’originalité, et présentent un très intéressant compromis entre le bridge camera et le reflex. Pour nous, il s’agit plus de bridges cameras, car la visée électronique est ce qui distingue ce type d’appareil, mais force est de reconnaître que ceux-là ont des qualités très intéressantes, qui devraient leur offrir le succès assez rapidement. Avec ce système à miroir semi-transparent, Sony tient une piste autorisant une bonne vitesse de mise au point en continu. Pour avoir fait quelques essais « vite faits », nous avons noté que la mise au point est fluidifiée afin d’éviter les à coups d’une mise au point AF classique, et que les sujets sont rapidement trouvés quand on déplace l’appareil. Nous ne donnerons pas d’avis supplémentaire, puisque ceux-ci demandent des tests plus approfondis. Mais le concept est prometteur.

Reste que Sony occupe tellement les linéaires qu’il va falloir une communication très efficace pour guider les consommateurs. Entre les reflex, les pseudo-reflex et les compacts à capteur de reflex, ça devient sérieusement compliqué ! Tant que tout cela conduit à une qualité d’image en progression, nous ne pouvons qu’approuver. En tout cas, Sony ne se contente pas d’appliquer les bonnes vieilles recettes, et tire actuellement la technologie photo vers le haut. Et ça, c’est vraiment intéressant !

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