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Tout savoir sur les capteurs... pour bien choisir son reflex numérique

Et le bruit électronique ?

S’il est en passe de devenir une question secondaire dans les marques au top de la technologie, le bruit électronique reste tout de même un problème pour nombre d’appareils.

Tout riquiqui !
Un capteur d’appareil compact ou bridge camera est presque toujours minuscule. Cette petite taille permet de baisser les coûts, car on fabrique beaucoup plus de petites puces sur une même gaufrette de silicium, et le pourcentage de ratés est plus faible qu’avec les grands capteurs.

 

Le «bruit» électronique est un héritage du jargon des électroniciens: quand un signal est parasité, on dit qu’il est «bruité». En photo, le bruit dans le signal se traduit par l’apparition de pixels parasites plus ou moins colorés sur les photos, notamment dans les zones sombres. À la base, il y a le «bruit du capteur», qui n’est que le reflet des petits défauts de celui-ci. Bien cerné par les fabricants, il est aisément supprimé par un masque appliqué à l’image de base, qui amoindrit ses défauts. Une autre source de bruit est la connectique interne de l’appareil: lorsque le signal du capteur circule vers le convertisseur A/N, puis vers le processeur de traitement d’image, du bruit s’ajoute pendant les transferts. C’est pourquoi les fabricants cherchent à réduire la longueur des bus internes de l’appareil, en intégrant un maximum de circuits au capteur, ou à sa proximité immédiate. Autres sources également importantes, les rayonnements thermiques internes des composants, critiques face à un capteur sensible aux infrarouges. Ajoutez à cela la demande des utilisateurs, toujours friands de hautes sensibilités, et vous obtenez un cocktail assez explosif: tous les résidus de bruit électronique sont amplifiés par la montée en sensibilité ISO, un peu comme les parasites dans le son d’une radio poussée à fond.

 

Plus le capteur est sensible, moins le signal doit être amplifié

La solution à tout ce bruit électronique passe d’abord par des tailles de photosites importantes (moins d’amplification nécessaire), d’où l’arrivée des grands capteurs, mais aussi par des algorithmes de correction aux différents stades de production de l’image. C’est là que se fait aujourd’hui la différence entre les fabricants, puisque certains arrivent à d’excellentes images à 1600, 3200, voire 6400ISO, alors que d’autres luttent encore pour supprimer les pixels parasites à 800ISO, alors qu’ils ont des des puces similaires, voire identiques dans certains cas. Cela dit, il faut savoir que l’important pour l’amateur est la «propreté» des photos à taille d’impression, c’est-à-dire dans les conditions où elles sont réellement utilisées: observer une photo à 100% dans Photoshop, c’est comme coller le nez à un très grand poster d’environ 1,50m de large. Utile pour juger la qualité intrinsèque de l’image, mais les normes de tolérance sont ici bien trop élevées pour l’usage normal d’une photo (agrandissement jusqu’à 20 x 30cm), à moins de viser les grands agrandissements ou un recadrage important.


Tout cela pour souligner l’essentiel : en matière de reflex, toutes les photos sont bonnes jusqu’à 1600 ISO à taille d’impression (200 à 300 dpi selon les besoins), et l’on est très au-dessus des meilleurs films haute sensibilité de l’époque argentique. Il faut donc relativiser les méfaits du bruit électronique, même si l’amélioration progressive des traitements permet d’aller loin dans la photo en basse lumière sans flash ou sans trépied.


Et puis il faut garder à l’esprit que la montée en sensibilité ISO est toujours un compromis, dont il faut accepter certains défauts: diminution de la dynamique des images, montée de dominante de couleurs, bruit électronique aux plus hautes sensibilités, taux de bougé plus important vu les conditions de prises de vue, décalage fréquent de la mise au point pour les mêmes raisons. Une photo que l’on souhaite «parfaite» se prend à la sensibilité nominale du capteur et avec un trépied pour que la qualité soit la meilleure possible.

 

Réflexion parasite
La surface d’un module capteur est fortement réfléchissante, ce qui explique l’importance des traitements antiréflexion dans les optiques dédiées au numérique.

 

Bruit électronique
Le bruit électronique est aisément visible quand on prend une vue en pose volontairement très longue à très haute sensibilité. Ici, le noir est obtenu avec un bouchon monté sur l’appareil.

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