12.2
Disponibilité :
Septembre 2008
950 €





Si l’on a fait couler beaucoup d’encre au sujet de la fonction vidéo du Nikon D90, c’est plutôt sur ses qualités d’appareil photo qu’il nous semble important de le jauger. Et là, il se montre beaucoup plus intéressant !
Denis Boyard [ 19 Mars 2009 14:17 ]
À quelques jours près, le Nikon D90 aura été le premier et le seul reflex à proposer en standard un mode vidéo ! Or cette bonne idée est gâchée par diverses choses : mise au point entièrement manuelle, qualité d’image HD Ready (720p) au lieu du Full HD (1080p), son monophonique de qualité médiocre, choix du format MJPeg, qui génère des fichiers de très grande taille. L’absence de mise au point autofocus est évidemment le point noir majeur du D90, car elle rend la fonction vidéo très difficile à utiliser en pratique. La taille importante du capteur DX est certes un avantage en matière de sensibilité à la lumière, mais elle génère une profondeur de champ très courte par rapport à un caméscope ou un à appareil de type compact. Il faut donc faire le point avec précision aux grandes ouvertures, ce qui est particulièrement délicat sur une caméra sans autofocus, et sans vrai viseur vidéo (l’écran de l’appareil n’est pas assez lisible pour faire le point à l’extérieur par grand soleil). La seule solution pour obtenir des séquences correctes est de choisir une distance à peu près convenable et de fermer le diaphragme à f/11 pour englober l’environnement dans la zone de netteté. Mais il faut de la lumière et un sujet aux déplacements vraiment prévisibles !
Heureusement, le Nikon D90 a bien d’autres atouts que la vidéo, car c’est le digne remplaçant du D80. En fait, on pourrait même le qualifier de « petit D300 », car son capteur Cmos de 12,2 millions de pixels (4 288 x 2 848pixels) n’a rien à envier à celui du modèle haut de gamme sur le plan de la qualité d’image ! L’amateur qui n’a pas besoin d’une fabrication de type professionnel peut donc se rabattre sans arrière-pensée sur le D90, qui permet d’exploiter pleinement cette résolution confortable. Mieux ! Le Nikon D90 dispose du même écran de 7,62 cm de diagonale en résolution 920 000 points (640 x 480 pixels) que les D300 et D700. Quand on est à l’ombre, il permet un contrôle fin et précis des images prises, et se plie bien entendu aux exigences de la visée Live View. En pleine lumière, la chose est plus délicate, mais c’est vrai pour tous les appareils.
Au niveau de la concurrence, le Nikon D90 se place directement face aux Canon EOS 450D, Pentax K20D et Sony α350. C’est dire s’il a fort à faire pour s’imposer, puisque chacun d’entre eux montre de belles aptitudes à séduire son public ! Si son mode vidéo avait été pleinement fonctionnel, on aurait pu parler d’un avantage notable sur un reflex amateur, mais il lui faudra s’appuyer sur ses performances purement photographiques pour faire la différence. Il aura également fort à faire en fait de tarif, puisque son prix de lancement est très supérieur à celui de certains concurrents. On trouve en effet les Canon et Sony à moins de 600 euros, et le Pentax aux alentours de 800 euros. Attendons de voir les prix du D90 sur Internet dès qu’il sera disponible pour voir de quoi il retourne.