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Fuji FinePix HS10 : le dernier des Mohicans ?
Le Fuji FinePix HS10 fait clairement partie des bridges haut de gamme dans lesquels on reconnaît le savoir-faire d’un fabricant qui a toujours mis l’accent avec succès sur une qualité d’image digne de celle délivrée par les reflex.
Depuis ces derniers mois et semaines, deux tendances se détachent sur l’évolution du concept d’appareil bridge camera: soit il perd son viseur électronique, et du coup se mue en compact, soit il accepte des objectifs interchangeables, et dès lors singe le reflex. Pour concurrencer ces appareils hybrides, ces nouveaux boîtiers à objectifs interchangeables dotés de capteurs grand format, Fuji propose en fait un capteur de nouvelle technologie. Les avantages de ce choix pour les photographes amateurs sont un encombrement réduit, un appareil léger et d’une grande polyvalence pour un prix réduit. Le concept bridge garde aussi l’avantage de ne pas avoir de problème de poussière. Même si les systèmes antipoussières sont de plus en plus performants, le fait que vous n’ayez jamais à changer d’objectif évite toute intrusion de poussière dans le boîtier et tout dépôt sur le capteur.
Pour le FinePix HS10, il ne s’agit non pas d’un capteur Super CCD de type EXR, mais d’un capteur baptisé BSI Cmos (pour «BackSide Illumination»). Ce nouveau capteur de 10millions de pixels est censé offrir les avantages des appareils reflex, notamment en termes de rapidité. Le mode rafale ultra-rapide atteint la cadence de 10images par seconde en pleine résolution, via l’obturateur mécanique qui travaille simultanément avec le suivi en continu de l’autofocus. De telles caractéristiques permettent à l’appareil d’être efficace pour les prises de vue de sport par exemple. Notez que la prise de vue en rafale est cependant limitée à 7vues après ou avant le déclenchement. Ce capteur est aussi avantageux en vidéo, le FinePix HS10 est capable d’enregistrer des séquences animées en Full HD à la cadence de 30images par seconde avec une prise de son en stéréo. Une fonction vidéo haute vitesse propose d’enregistrer des actions à la cadence de 1000images par seconde pour créer des images au ralenti. Pour profiter de vos fichiers haute définition, une sortie HDMI est évidemment prévue.
Au vu des caractéristiques, il semble probable qu’il s’agisse du même capteur d’origine Sony qui équipe également le Sony HX5V et le Nikon P100. Il semble qu’il s’agisse clairement d’un changement stratégique chez Fuji, virage déjà entamé depuis quelques années, mais définitivement engagé désormais: alors que, pendant des années, Fuji équipait les appareils haut de gamme de ses capteurs SuperCCD maison, il semble que le fabricant en ait fait son deuil puisqu’en ce début d’année, seul le F80EXR intègre encore un capteur Fuji.
Un objectif à la hauteur
Si le capteur semble à première vue être le point fort du HS10, l’objectif présente des caractéristiques surprenantes. Il s’agit d’un zoom 30x équivalent à un 24-720mm, couvrant à lui tout seul la totalité des focales les plus courantes. Une telle plage de focales permet donc de couvrir la plupart des styles photographiques, vous bénéficiez à la fois d’un très grand-angle et d’un super téléobjectif. Sur un tel zoom, on apprécie de ne pas trouver un système motorisé beaucoup moins précis que la bague hélicoïdale permettant de passer agréablement d’une focale à l’autre. Avec ce système (le même que celui des objectifs pour reflex), vous cadrez à la fois plus rapidement et plus précisément. Espérons que la qualité optique sera au rendez-vous: pour une telle plage de focales, le fabricant a forcément fait des compromis.
Pour éviter ou en tout cas limiter l’apparition de bruit aux longues focales, le FinePix HS10 est équipé de trois systèmes de stabilisation: un stabilisateur mécanique agissant par déplacement du capteur, un stabilisateur numérique appliquant des traitements sur les images et la possibilité de monter dans les hautes sensibilités. Ces trois outils sont censés concourir chacun à leur manière à l’obtention d’images nettes. Ils permettent entre outre de travailler à des vitesses d’obturation rapide, qui figent le mouvement au moment du déclenchement.
Pour le cadrage et la visualisation des images, comme avec tous les bridges, vous aurez le choix entre une visée à l’écran et une visée à travers un viseur électronique. Notez qu’un petit capteur situé sous le viseur détecte la présence de l’œil, permettant ainsi à l’appareil de basculer automatiquement d’un affichage à l’autre. Pour l’écran, il s’agit d’une dalle LCD de 3pouces de diagonale (7,62cm).
Nombreuses fonctions avancées
En plus d’un nouveau capteur et d’un objectif surprenant, le FinePix HS10 propose une multitude de fonctions avancées. Un mode panoramique recompose automatiquement une image après un balayage de la scène photographiée. Un mode carte postale unique supprime automatiquement tous les sujets de la scène pour que votre paysage soit le plus réussi possible. Plus classique, le mode Multivues d’un sujet en mouvement est proposé pour une décomposition des mouvements d’un sujet mobile. Idéal pour les photos de sport, le mouvement du sportif sera décomposé grâce à une prise en rafale de 5images par seconde. Enfin, le mode ProLow-Light permet d’obtenir une image dépourvue de bruit en fusionnant plusieurs photos prises en haute sensibilité.
Toutes ces fonctions sont accompagnées des modes de prise de vue automatique, de modes scène et des modes d’exposition manuels. Le classique Auto SR sélectionne de façon automatique le mode le plus adapté à la scène. Notez que toutes les photos prises avec le HS10 peuvent être enregistrées en JPeg ou en Raw ou les deux formats simultanément.
Ergonomie
L’ergonomie du Fuji HS10 semble très bien étudiée. L’appareil est assez rond pour une bonne prise en mains et les touches sont bien situées. L’arrière de l’appareil rappelle la conception des appareils reflex.
Notre opinion : On peut sans nul doute prédire que ce HS10 appartiendra à la catégorie des bridges d’exception. Seuls points qui pourraient nous faire mentir: un zoom déficient parce que trop puissant, la qualité de son viseur, un éventuel manque de rapidité qui le disqualifierait pour la photo d’action.