Nikon D4 : vitesse et vidéo !

La nouvelle gamme Nikon Pro est sur les rails, avec le lancement très attendu du D4. Au menu, refonte de tous les composants du boîtier et mode vidéo de qualité professionnelle.

Denis Boyard [ 06 Janvier 2012 11:04 ]
Nikon D4 : vitesse et vidéo !

L’arrivée d’un Nikon Pro est toujours un événement, puisqu’elle monte d’un cran la référence qualitative du moment ! Comme par le passé, c’est le modèle « sport » qui ouvre le bal, avec un splendide Nikon D4, conçu pour la photo d’action sous toutes ses formes. En clair, tout est neuf dans ce boîtier, entièrement revisité dans le but d’offrir des performances au maximum possible de la technologie actuelle ! Et comme toujours chez Nikon, le développement du D4 a fait l’objet de nombreux échanges avec des professionnels, pour adapter au mieux l’outil aux usages en vigueur dans la profession. Cela se retrouve dans de nombreux détails ergonomiques, et notamment dans le positionnement identique des commandes en cadrage horizontal ou vertical. Ainsi, l’utilisateur retrouve chaque touche à sa place lorsqu’il change de cadre. Autre innovation sympathique, le rétro-éclairage des commandes lorsqu’il fait sombre ou nuit : il fallait bien y venir avec les boîtiers hyper sensibles ! Le genre de détail appréciable sur le terrain !

Nouvelle référence des photographes de sport et de reportage, le Nikon D4 apporte plus de précision et de vélocité aux utilisateurs, avec une ergonomie optimisée et une fonction vidéo très professionnelle.

Capteur : format FX en 16 Mpix

Pour être efficace en photo de sport, il faut des rafales rapides et une belle qualité d’image. De fait, le Nikon D4 adopte un Cmos au format FX (24 x 36), en résolution 16 millions de pixels (4928 x 3280 photosites), ce qui représente un excellent compromis entre vitesse d’action et qualité d’image. Selon les responsables de la marque, ce capteur est développé dans le groupe Mitsubishi, auquel appartient également Nikon. Difficile de savoir si c’est vraiment le cas (Nikon se fournit souvent chez Sony Microsystem), mais l’essentiel est que la qualité d’image soit de la partie. Beaucoup de pros du reportage vont être contents de sortir des 12 Mpix des D3/D3s !
En tout cas, les rafales sont au rendez-vous, avec une cadence de 10 i/s avec autofocus, et la possibilité de monter à 11 i/s en AF verrouillé. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, le Nikon D4 est capable de suivre cette cadence sur 200 vues en Jpeg Fine, et 105 vues en NEF-Raw avec la nouvelle carte XQD.  Eh oui, le D4 dispose de deux ports pour carte mémoire, dont un au format CompactFlash UDMA 7, et l’autre au nouveau format XQD développé par le consortium CompactFlash. En pratique, les pros pourront suivre l’intégralité d’un 100 m olympique en rafale, même en format NEF-Raw, sans en perdre une miette !

En plus du port CompactFlash UDMA 7, le Nikon D4 intègre le nouveau port pour carte XQD développé par le consortium CompactFlash : vitesse et grandes capacités au rendez-vous !

Hautes sensibilités : toujours plus loin ?

Avec son format FX (23,9 x 36 mm) et sa résolution 16 Mpix, le Nikon D4 dispose de photosites carrés de 0,0073 mm (7,3 µm) de côté. Le bruit électronique est donc aisément maîtrisable avec les algorithmes Nikon, qui font référence en matière de gestion des hautes sensibilités. Ainsi, la plage de sensibilités utile du Nikon D4 va de 100 à 12800 ISO en standard, avec extensions à 50 (Lo), 25600 (Hi1), 51200 (Hi2), 102400 (Hi3), et 204800 ISO (Hi4) ! Même si les résultats sont lamentables à 204800 ISO, il est toujours judicieux de pouvoir photographier à ces valeurs dans certains cas, comme en reportage de guerre ou en prise de vues type « paparazzi ». Et pour ne pas laisser les photographes sans mise au point autofocus dans la pénombre, Nikon a fait descendre la sensibilité de la plage AF du D4 à IL - 2, ce qui correspond à une scène un jour de pleine lune. Là encore, les reporters devraient apprécier l’évolution !

Vu les excellentes performances du D4 en basse lumière, Nikon a doté le boîtier d'un système de rétroéclairage des boutons.


 

Éléments de mesures : remise à plat !

Pour gonfler les possibilités du Nikon D4 dans les situations difficiles, les ingénieurs de la marque ont revu les éléments de mesure du nouveau pro.
Quitte à créer un nouveau modèle de référence, Nikon a pris le taureau par les cornes et s’est lancée dans une refonte du boîtier. Ainsi, même si le module autofocus conserve le doux nom de Multi-CAM 3500 FX, sa sensibilité a été revue pour un fonctionnement optimal avec les optiques peu lumineuses. Ainsi, sur les 51 collimateurs, 15 sont de type croisés, et 11 sont assez sensibles pour fonctionner avec une pleine ouverture à f/8 (600 mm f/4 avec doubleur de focale par exemple), les autres étant utilisables avec des optiques à f/5,6. Par ailleurs, le fonctionnement du module est étendu en basse lumière, avec une plage entre IL - 2 à + 19 pour 100 ISO, qui devrait grandement faciliter la tâche des photographes de sports en salle. On conserve bien entendu tous les modes vus sur le D3s, dont le point sélectif, l’AF dynamique sur 9, 21, 51 points, le suivi 3D et l’AF zone dynamique. Notez qu’un joystick, dédié au choix du collimateur AF, fait son apparition au dos du boîtier, avec reprise de la commande en position verticale s’il vous plaît ! Il sera ainsi plus pratique de choisir votre collimateur, d’autant que l’appareil assure le suivi automatique de sa position si vous passez en cadrage vertical.

Le nouveau joystick, sous la touche "AF-on", est dédié à la sélection manuelle des collimateurs AF. On gagne ainsi en rapidité pour paramétrer l'appareil en fonction de la position du sujet. À noter que lorsqu'on bascule le D4 à la verticale, le collimateur actif se repositionne sur la même zone du cadre automatiquement, afin d'éviter qu'on perde le sujet dans la manœuvre : bien vu !

Exposition : 91000 zones !

Changement d’élément d’analyse pour l’exposition, avec la mesure matricielle 3D III couleur, qui travaille sur un capteur couleur intégrant 91000 pixels, donc 91000 zones. Le résultat mesure est comparé aux 30000 cas types mémorisés dans la bibliothèque du Nikon D4, pour en déduire le cas le plus proche en matière d’exposition. Les valeurs relevées sont également utilisées pour le calcul de la balance du blanc, l’assistance de l’autofocus en donnant des informations sur le collimateur à activer, le suivi du sujet 3D, la détection des visages en visée optique, et la reconnaissance de scène en visée optique. Le tout géré par le processeur Expeed 3, qui centralise toute la masse de données en provenance du posemètre, mais aussi du module autofocus et du capteur imageur.  Toujours au sujet de l’exposition, l’ajout d’un mode HDR permet d’étendre la dynamique des prises de vues. Il travaille sur 2 images exposées différemment (1, 2, ou 3 IL), avec une fusion dosée sur 3 paliers (high, normal, low). Un accès direct aux « picture controls » est désormais assuré par la touche « clé », plus pratique que via les menus. Utile quand on travaille souvent dans les mêmes conditions !
Notons au passage que le calcul de la balance du blanc intègre désormais le mode « Auto 2 » hérité du D7000, qui présente l’avantage de préserver les tons chauds (fin de journée par exemple). Le réglage de la balance du blanc en manuel propose en outre un paramétrage par unité de 10 mired, de 2500 à 10000. La visée live view reproduit l’effet des réglages choisis avec plus de précision.

La nouvelle puce de mesure de l'exposition couleur comporte 91000 pixels, pour une analyse beaucoup plus fine des sujets. Elle est également sollicitée en soutient par l'autofocus, notamment pour la détection et le suivi des sujets.

Construction : un reflex « béton » !

Comme c’est la tradition dans la gamme professionnelle, le Nikon D4 est fabriqué pour résister à un usage intensif. Son châssis est bien sûr en alliage de magnésium, mais il est du genre épais et rigide, pour un positionnement précis des différents éléments, dont le capteur et la visée. Il facilite également l’évacuation des flux thermiques générés par les modules électroniques. Ce châssis est renforcé de nombreux joints d’étanchéité, pour un usage dans toutes les conditions d’humidité ou de poussière. L’obturateur du D4 est conçu pour des cadences très élevées (11 i/s), avec une précision des vitesses contrôlées électroniquement. Il est testé sur 400000 déclenchements, avec un temps de latence minimum au déclenchement (42 ms). Il ne demande que très peu d’énergie en pose lente, car l’obturateur, le diaphragme et le miroir disposent chacun d’un moteur indépendant, rendus nécessaire par les fonctions vidéo du boîtier. Il permet notamment la commande manuelle du diaphragme et la prise de vues pendant une séquence vidéo.
Niveau visée, la partie reflex repose sur un large pentaprisme, avec couverture 100 % et grossissement x 0,7. Il autorise l’affichage d’un quadrillage, et peut afficher les différents formats de prise de vues : x 1,2 (30 x 20 mm) ; DX (24 x 16 mm) ; 5:4 (30 x 24 mm). Le verre de visée est de type B BriteView Clear Matte Mark VIII, spécialement optimisé pour la mise au point en manuel, encore très utilisée par les professionnels. Un horizon virtuel peut être simulé en visée optique par les collimateurs AF ou par un classique système d’affichage sur l’écran couleur du boîtier. Pour ce qui est de la visée live view, le D4 inaugure un écran ACL de 8,1 cm (3,2 ”) de diagonale, en 921000 points de résolution. Cet écran dispose d’un capteur de lumière ambiante pour son contrôle auto de la luminosité, et assure une meilleure restitution des couleurs. Il est plus brillant, car les réflexions internes sont limitées par injection d’une résine dans les vides d’air… ça me rappelle quelque chose. Notez que la résistance aux chocs de la dalle est optimisée sur le D4.

Comme tous les pros de la marque, le Nikon D4 repose sur un magnifique châssis en alliage de magnésium, particulièrement épais et rigide. Normal pour un boîtier chargé de supporter le poids de très lourdes optiques, et de résister à un usage intensif sans précautions particulières !


Vidéo 1080p : vraiment pro !

Face au succès du Canon EOS 5D Mark II chez les professionnels de la vidéo, Nikon se devait de réagir. C’est chose faire avec le D4, qui est particulièrement bien pourvu en la matière !
Aujourd’hui, le Canon EOS 5D Mark II reste un excellent reflex, mais il ne se vend plus beaucoup aux photographes, soit déjà équipés, soit en attente de nouveauté. Pourtant, ce boîtier se vend encore en grande quantité auprès des professionnels de la vidéo, qui voient en lui une très bonne « caméra » à prix ultra-serré ! Il n’est donc pas étonnant que Nikon offre à son D4 des prestations vidéo de très haut niveau, pour tenter de faire sa place sur ce marché très « canoniste » ! Cela d’autant que Nikon était le premier fabricant à installer la vidéo dans un reflex !
Le Nikon D4 dispose donc d’un mode vidéo « full HD 1080p » très complet, avec une résolution de 1920 x 1080 pixels. Les cadences proposées sont classiques : 24, 25 ou 30 i/s en progressif, et un mode HD 720 à 50 ou 60 i/s. Le flux est au format .MOV, H264, ou B-Frame. L’enregistrement s’effectue sur carte mémoire en full-HD jusqu’à 29 min et 59 s (limites de la taxe sur les caméscopes) ; ou via la sortie HDMI sur enregistreur externe (sans la limite de durée). Ce signal prélevé sur le port HDMI (conformable en ProRes) n’est qu’en 8 bits 4.2.2, mais il n’est pas compressé, ce qui ouvre plus de possibilités en matière de post-traitement. On peut ainsi utiliser, par exemple, un enregistreur externe « Atomos Ninja », plus performant que celui intégré à un boîtier reflex. Nikon marche ainsi sur les terres des nouvelles caméras Canon avec son reflex.
Profitant des dernières avancées technologiques, le Nikon D4 intègre une mise au point continue en vidéo particulièrement efficace. Nous avons eu l’occasion de manipuler un prototype, déjà spectaculairement efficace. Il est donc utilisable comme un simple caméscope si besoin est ! Par ailleurs, le capteur FX permet trois formats vidéo : FX plein format, DX (x 1,5) et un format 1920 x 1080 (x 2,7) « 1 photosite capteur pour 1 pixel image ». Autre nouveauté, les ouvertures sont réglables en manuel durant les séquences, via les touches « Fn » (je ferme) et « Pv » (j’ouvre), le tout par 1/3 à 1/8e d’IL. Le traitement d’image à la prise de vues (compression bidirectionnelle) assure en direct la réduction du « rolling shutter » (déformation des sujets en mouvement) et du « block noise » (image décomposée en carrés lors de mouvements rapides).

Suite à une limitation imposée sur les appareils vendus au Japon, le Nikon D4 change de batterie, pour le modèle EN-EL18 affichant 2000 mAh. Elle assure environ 2600 vues d'autonomie malgré cette perte de puissance, car le Nikon D4 est beaucoup moins gourmand que ses prédécesseurs.

Son : rien n’est oublié

En matière de prise de son, le Nikon D4 intègre un micro stéréo, mais il dispose aussi d’une prise pour micro externe, avec entrée ligne ajustable. Un vu-mètre permanent permet de suivre dans tous les cas la puissance du signal enregistré, et le D4 possède une prise pour casque, permettant le contrôle en direct de la prise de son. Le D4 dispose ainsi de 20 niveaux d’enregistrement, et de 30 niveaux d’écoute. Un micro externe accessoire est proposé par Nikon, mais il y a fort à parier que des micros professionnels seront utilisés sur le terrain : on ne rigole pas avec le son en cinéma !

Avec le D4, Nikon remet les pendules à l'heure en matière de vidéo, avec des performances très professionnelles. Espérons retrouver la même chose sur les futurs semi-pros formats FX et DX !

Flux de production : un reflex branché !

Comme les professionnels ne vont jamais assez vite pour transmettre leurs données, Nikon a suréquipé son D4. Témoin la prise RJ-45, qui permet de raccorder instantanément votre D4 à un réseau ethernet. Aujourd’hui, plus question d’utiliser le Wifi sur un stade olympique, alors que 300 collègues occupent le réseau : résultat, la prise ethernet vous relie au réseau fibré du magazine, et les photos sont sur l’écran du maquettiste avant même d’être vues à l’écran (en http, les imagettes restent dans votre carte mémoire) !
Bien entendu, le Nikon D4 est compatible avec le nouveau transmetteur Wifi WT-5, qui a la particularité d’être minuscule, car alimenté par l’appareil. Il travaille en 802.11 n (a, b, g également), et autorise une connexion directe « http » avec un PC, un smartphone ou une tablette, avec remplissage à la volée des champs IPTC. On peut même piloter son D4 via une application iPhone, pour le pilotage et le transfert d’image. Le classique transfert FTP n’est pas oublié, et une synchronisation des photos est possible via Camera Control Pro 2. Dix boîtiers peuvent ainsi être synchronisés en maître/esclave !

Désormais, les grandes agences de photographie de sport passent directement par un réseau fibré pour la transmission des images en direct. Voilà pourquoi le Nikon D4 hérite d'une classique prise RJ-45, pour raccordement au réseau ethernet de l'agence.


Notre Opinion

Clairement, le Nikon D4 est un vrai professionnel conçu pour un usage intense et régulier. Il fera date dans l’histoire des boîtiers de la marque, car c’est un appareil de terrain, a priori très homogène à l’usage. Il nous a fortement impressionné lors du premier contact, et le choc frontal avec le Canon EOS 1Dx devrait être spectaculaire. Une chose est sûre, les reflex sont désormais de vraies caméras vidéo, ce qui ouvre un grand marché aux productions de qualité. En attendant le « D4x » et ses très nombreux pixels, à quand un petit frère plus abordable pour les experts ?


Prix : 5799 euros (nu). Disponibilité : 16 février 2012

Le site Nikon France

Powered by eZ Publish™ CMS Open Source Web Content Management. Copyright © 1999-2010 eZ Systems AS (except where otherwise noted). All rights reserved.